Malgré une croissance de 5 % en 2025, le marché du travail marocain n’a pas suivi : la Banque mondiale met 500 millions de dollars sur la table pour corriger le tir. Le Conseil des administrateurs de l’institution a approuvé, ce 13 avril 2026, un financement de 500 millions de dollars en faveur du Maroc, destiné à soutenir la feuille de route nationale pour l’emploi et à accélérer la transition vers une économie verte. Cette enveloppe constitue la première tranche d’un programme en trois opérations successives, dont le montant global n’a pas encore été précisé. Le chômage et l’inactivité ont progressé malgré la reprise économique, touchant de façon disproportionnée les jeunes et les femmes, selon l’institution de Bretton Woods.
330 000 demandeurs d’emploi ciblés d’ici 2029
Le programme repose sur trois piliers : le renforcement des politiques actives du marché du travail, l’amélioration du climat des affaires pour les petites et moyennes entreprises, et le soutien aux investissements dans les secteurs verts. L’objectif chiffré fixé par la Banque mondiale est d’atteindre 330 000 bénéficiaires à travers les dispositifs d’insertion professionnelle d’ici 2029, avec un accent particulier sur l’adéquation entre les formations disponibles et les besoins réels des entreprises.
La participation des femmes au marché du travail fait l’objet de mesures spécifiques : plus de 40 000 nouvelles places dans les structures de garde d’enfants agréées sont prévues, accompagnées de la création de 1 200 emplois directs dans ce secteur. Le programme vise à lever les obstacles juridiques et sociaux qui freinent l’autonomisation économique féminine.
PME et énergies renouvelables au cœur du volet économique
Sur le plan de l’environnement des affaires, le Maroc s’engage à moderniser son cadre d’insolvabilité, à renforcer les mécanismes de garantie de crédit pour les PME et à simplifier les procédures d’investissement via les Centres régionaux d’investissement. Dans le secteur énergétique, le financement cible la levée des obstacles réglementaires qui ont jusqu’ici découragé les investisseurs privés dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.
L’industrie pharmaceutique est également concernée : le programme fixe un objectif de multiplication par sept des exportations du secteur d’ici 2029. « Ces réformes s’attaquent à l’un des obstacles les plus persistants à la création d’emplois au Maroc : l’émergence trop lente d’entreprises à forte croissance », a déclaré Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division à la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte.
Les deux opérations suivantes, dont les montants et le calendrier restent à préciser, viendront approfondir les réformes engagées dans le cadre de ce programme.



