Alexeï Pouchkov, président du Comité de politique de l’information du Conseil de la Fédération de Russie, a estimé que l’Iran reconstruira certainement son programme nucléaire dans les mois à venir, déclarant à l’agence TASS ce 27 avril que « personne ne pourra l’arrêter ». Cet avertissement intervient alors que les négociations de paix entre Washington et Téhéran restent bloquées depuis l’effondrement des pourparlers directs en avril 2026.
Impasse diplomatique et reconstruction programmée
Les pourparlers menés à Islamabad au Pakistan se sont interrompus le 12 avril après 21 heures de discussions sans accord. Les deux camps restent figés sur des questions fondamentales : l’Iran refuse de négocier tant que les États-Unis maintiennent leur blocus naval des ports iraniens, tandis que Washington demande un démantèlement complet du programme d’enrichissement nucléaire et le contrôle du détroit d’Ormuz. Donald Trump a annulé la visite de ses envoyés spéciaux le 25 avril, jugeant insuffisante l’offre iranienne.
Face à cette impasse, Pouchkov prédit que Téhéran restaurera son arsenal nucléaire. « Puisqu’Israël et les États-Unis voulaient détruire leur programme nucléaire, ils le reconstruiront certainement », a déclaré le parlementaire russe. Cette reconstruction surviendrait en réaction directe aux frappes américaines et israéliennes du 28 février, qui ont endommagé les installations iraniennes.
Moscou évalue la résilience technique de Téhéran
Pouchkov appuie son diagnostic sur une évaluation de la capacité de survie iranienne face aux sanctions internationales. Il note que malgré des années de pression économique, l’Iran a constitué des stocks importants d’uranium enrichi, développé une technologie de missiles balistiques avancée et créé des mécanismes de résilience que « l’hyperpuissance américaine ne peut pas surpasser ». Ces accomplissements témoigneraient de la volonté stratégique de Téhéran à exploiter ses ressources en faveur d’une domination régionale.
Le parlementaire russe anticipe également un renforcement de la position iranienne au détroit d’Ormuz. Si Téhéran « surmonte la crise actuelle », son contrôle de cette route maritime stratégique par laquelle transite environ un cinquième du commerce mondial pétrolier pourrait se consolider, permettant à l’Iran de convertir cet avantage militaire en levier économique et politique durable.
Prochaines étapes
Le cessez-le-feu fragile, prolongé sine die par Trump le 21 avril, ne dispose d’aucune échéance formelle d’expiration. Les deux parties demeurent en état d’alerte militaire : l’Iran a menacé de riposte supplémentaire en cas de reprise des hostilités, tandis que Trump déclare attendre une avancée diplomatique rapide pour éviter une nouvelle phase d’affrontement.



