Macky Sall a présenté le 22 avril 2026 devant l’Assemblée générale des Nations unies sa stratégie pour combattre le terrorisme en Afrique, lors de l’audition officielle des candidats au poste de secrétaire général. L’ancien président sénégalais, candidat à la succession d‘António Guterres dont le mandat expire fin 2026, a répondu aux questions du groupe africain représenté par le Mali en mettant l’accent sur une approche coordonnée entre l’ONU et l’Union africaine face à une menace qu’il décrit comme grandissante.
Une Afrique au cœur de la menace terroriste
Macky Sall a établi un diagnostic sans détours de la situation sécuritaire continentale. « L’Afrique devient le ventre mou dans la lutte contre le terrorisme international », a-t-il affirmé, reconnaissant que les pays engagés au premier plan demeurent seuls face aux conséquences. Il a rendu hommage aux victimes de ces combats, notamment aux casques bleus tombés au champ d’honneur. « Depuis la création, ce sont plus de 4000 membres de casques bleus qui sont morts au front. Aujourd’hui encore, on a eu des décès », a-t-il déclaré.
L’Afrique accueille actuellement cinq missions de maintien de la paix, selon les chiffres qu’il a fournis. Macky Sall reconnaît que « ces missions sont délicates, difficiles, souvent les moyens ne suivent pas la nature des conflits », mais insiste sur la nécessité de poursuivre cet engagement international.
Responsabilité partagée et action collective
Face aux défis du Sahel et d’autres régions, le candidat appelle à une mobilisation globale. « Il faut une action collective et c’est le rôle du Conseil de sécurité d’assurer la responsabilité de la paix et de la sécurité mondiale », a-t-il martelé. Il plaide pour que le Conseil adopte « des mesures d’accompagnement » et ne laisse pas isolés les États en première ligne.
Sa vision repose sur un changement de méthode opérationnelle. « Il faut accentuer la prévention des conflits et il faut surtout assurer une meilleure coordination entre l’ONU et les organisations régionales », a-t-il précisé, reconnaissant que cette redéfinition des rôles constitue un élément clé de sa stratégie.
Appui de l’ONU aux opérations menées par l’Union africaine
Macky Sall revient sur la résolution 2719 du Conseil de sécurité, qui établit un cadre permettant aux opérations dirigées par l’Union africaine de recevoir un financement des Nations unies. Cette résolution, selon lui, « définit un cadre » et montre « une bonne approche de ce que l’ONU doit faire, c’est-à-dire s’appuyer principalement sur les organisations régionales avec l’Union africaine pour ce qui nous concerne, avec l’Union européenne et les autres organisations régionales ».
L’avantage pratique de ce modèle réside dans son efficacité. « Cela permettrait d’être plus efficace sur le terrain et parfois même de dépenser moins », a-t-il expliqué. Cependant, il reconnaît que la mise en œuvre de cette résolution « reste dans une impasse » et que la volonté politique fait défaut. Il s’engage formellement : « Si je suis élu, je vais travailler très étroitement avec l’Union africaine pour la mise en œuvre de la résolution 2719 ».
Réformes structurelles et convergence des agendas
Au-delà de la lutte antiterroriste immédiate, il lie cette stratégie à des réformes plus larges. Il annonce son intention de « travailler pour qu’il y ait une convergence entre l’agenda 2030 de l’ONU, l’agenda 2063 de l’Union africaine mais également le pacte de l’avenir ». Cette articulation entre les agendas mondiaux et continentaux vise à créer une cohérence dans le traitement des crises.
Cette prise de position intervient alors que sa candidature rencontre des difficultés. Le 27 mars 2026, l’Union africaine a rejeté sa candidature après l’opposition de 20 États membres, et le Sénégal s’en est désolidarisé. Malgré cela, il bénéficie du soutien d’autres pays africains et de l’intérêt de certaines grandes puissances, tandis que l’examen final est attendu à l’Assemblée générale en fin d’année.



