Bloquer l’accès à internet sur son smartphone pendant quatorze jours améliore l’attention soutenue dans des proportions équivalentes à dix ans de vieillissement cognitif, selon une étude publiée en février 2025 dans la revue PNAS Nexus. Ces résultats, relayés par le Washington Post le 9 avril 2026, sont issus d’un essai contrôlé randomisé mené conjointement par des chercheurs de l’Université de l’Alberta, de l’Université Georgetown à Washington, de l’Université du Texas à Austin, de l’Université de Boston et de l’Université de Colombie-Britannique.
L’étude a recruté 467 participants américains et canadiens, d’une moyenne d’âge de 32 ans, via la plateforme Prolific. Chacun a utilisé l’application Freedom pour couper l’accès mobile à internet — réseaux sociaux et navigation inclus — tout en conservant les appels et les SMS. Le temps passé en ligne est passé de 314 à 161 minutes par jour en moyenne. À l’issue des deux semaines, environ 70 % des participants ont signalé une amélioration de leur santé mentale, 73 % un gain de bien-être général, et 59 % une meilleure capacité de concentration.
Une efficacité comparable aux antidépressants
L’effet sur les symptômes dépressifs s’est révélé supérieur à celui généralement observé avec un traitement antidépressant, et comparable à celui d’une thérapie cognitivo-comportementale, selon les auteurs. La réduction du temps d’écran a également entraîné une hausse moyenne de 18 minutes de sommeil par nuit, davantage d’activité physique et un sentiment de connexion sociale renforcé.
Kostadin Kushlev, professeur associé de psychologie à Georgetown, a déclaré au Washington Post : « Il n’est pas nécessaire de se restreindre indéfiniment. Même une détox partielle, même de quelques jours, semble fonctionner. »
Les téléphones, plus nocifs que les ordinateurs
Les chercheurs distinguent l’usage mobile de l’usage sur ordinateur. Le smartphone favorise une consultation compulsive et fragmentée — en marchant, pendant un film, au cours d’une conversation — qui perturbe l’attention de façon plus profonde que la connexion depuis un poste fixe. Cette distinction a guidé le protocole : les participants conservaient un accès internet via tablette ou ordinateur.
Un point limite l’amplitude des conclusions : seulement 119 participants sur 467, soit 25,5 %, ont respecté strictement les conditions de l’essai sur les 14 jours. Les chercheurs ont néanmoins conduit leurs analyses sur l’ensemble du groupe, et observé des bénéfices y compris chez les participants non conformes.
Une vaste étude internationale portant sur 8 000 personnes dans 23 pays est actuellement en cours pour identifier les populations les plus vulnérables aux effets cognitifs de la surexposition aux réseaux sociaux.



