USA : le français Maximilien de Hoop Cartier condamné à 8 ans pour blanchiment de 470 millions $

Le tribunal fédéral du district sud de New York a condamné, lundi 28 avril 2026, le Français Maximilien de Hoop Cartier à huit ans de prison pour des faits de blanchiment d’argent liés à une plateforme d’échange de cryptomonnaies non autorisée. La décision a été rendue par la juge Mary Kay Vyskocil, à l’issue d’une procédure engagée après un plaidoyer de culpabilité en octobre 2025.

Selon le communiqué du bureau du procureur fédéral du district sud de New York, dirigé par Jay Clayton, l’accusé a participé à un système international ayant permis de blanchir plus de 470 millions de dollars issus d’activités criminelles, notamment du trafic de stupéfiants.

Un réseau structuré autour de sociétés écrans

D’après les éléments présentés au tribunal, Maximilien de Hoop Cartier exploitait depuis au moins 2018 une activité de transfert de fonds sans licence, en s’appuyant sur une plateforme d’échange de cryptomonnaies de gré à gré. Le dispositif reposait sur plusieurs sociétés enregistrées aux États-Unis, utilisées pour convertir des actifs numériques en devises traditionnelles.

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Les enquêteurs du Service des enquêtes criminelles de l’administration fiscale américaine (IRS-CI), dont le bureau de Washington est dirigé par Cynthia Hearn, indiquent que ces structures servaient à recevoir des fonds d’origine illicite. Les montants étaient ensuite transférés à l’étranger, notamment vers la Colombie, après avoir été dissimulés à l’aide de faux documents commerciaux et de déclarations trompeuses auprès des banques.

Le directeur adjoint du bureau de New York du FBI, James C. Barnacle Jr., précise que ce circuit financier a permis d’alimenter des organisations criminelles internationales. Le procureur fédéral a déclaré que l’accusé avait « exploité sa connaissance des systèmes financiers américains et internationaux pour blanchir l’argent de la drogue et d’autres produits du crime ».

Des investigations déclenchées dès 2021

Une partie de l’enquête remonte à avril 2021, lorsqu’un tribunal fédéral a autorisé la saisie de comptes liés aux sociétés écrans du prévenu. Ces comptes avaient reçu près d’un million de dollars provenant d’opérations liées au trafic de drogue, selon les documents judiciaires. Après cette saisie, l’intéressé avait rencontré des autorités fédérales et fourni des informations inexactes pour obtenir la restitution d’une partie des fonds.

Le 23 octobre 2025, Maximilien de Hoop Cartier a reconnu sa culpabilité pour exploitation d’une entreprise de transfert de fonds sans autorisation et complot de fraude bancaire. En plus de la peine de prison, la justice américaine impose généralement, dans ce type de dossier, des mesures de confiscation des avoirs liés aux activités criminelles, dont le montant exact doit être déterminé lors d’une audience ultérieure.

Des précédents dans les réseaux crypto criminels

Des opérations comparables ont déjà été menées contre des plateformes impliquées dans des circuits financiers illicites. En 2022, les autorités allemandes et américaines ont démantelé Hydra Market, une place de marché du darknet qui facilitait le trafic de stupéfiants et utilisait massivement les cryptomonnaies pour les paiements. Des milliards de dollars y auraient transité avant sa fermeture.

La condamnation de Maximilien de Hoop Cartier intervient dans un contexte de surveillance accrue des flux financiers numériques par les autorités américaines, qui renforcent les obligations d’enregistrement et de contrôle pour les opérateurs de services liés aux cryptomonnaies.

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