Le magnat nigérian Aliko Dangote a identifié dix pays africains comme des marchés clés pour l’expansion des investissements lors d’une intervention le 15 mai. Dans une interview accordée à Nicolai Tangen, directeur général du Fonds souverain norvégien, le milliardaire et homme d’affaires a également défendu l’approche financière chinoise comme le modèle le plus adapté aux grands projets continentaux.
Dangote a nommé le Nigeria, l’Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda, l’Égypte, l’Algérie, le Ghana, la Côte d’Ivoire et la Tunisie comme les dix pays offrant les perspectives économiques les plus intéressantes. Cette sélection couvre à la fois les régions ouest, est, nord et centrale du continent, suggérant une stratégie d’investissement diversifiée géographiquement.
L’avantage compétitif du financement chinois
Selon Dangote, la Chine a consolidé sa position dominante en Afrique grâce à des conditions de crédit adaptées aux besoins des projets industriels majeurs. Il contraste cette approche avec celle des partenaires occidentaux : alors qu’un fournisseur italien exigerait un paiement intégral pour une centrale électrique de 500 millions de dollars, les entreprises chinoises acceptent un versement initial de 20 % avec un financement sur cinq ans du solde.
Cette flexibilité financière constitue un atout décisif pour les entrepreneurs africains. Les fournisseurs chinois garantissent souvent leurs équipements par des mécanismes d’assurance-crédit export, préservant ainsi la trésorerie des entreprises et accélérant leur développement sans bloquer les ressources sur des projets uniques.
Une domination liée à l’absence de concurrence
Dangote attribue la prépondérance chinoise à une raison pragmatique : « C’est la Chine » qui aide le plus l’Afrique dans les affaires comparée aux États-Unis et à l’Europe, a-t-il affirmé lors de cet échange. Il explique cette suprématie par le désengagement relatif des autres puissances économiques.
Le modèle économique chinois, fondé depuis 1978 sur une « économie socialiste de marché » alliant secteur public omniprésent et libéralisme économique, représente désormais une référence pour les pays en développement. Contrairement aux approches occidentales traditionnelles, ce modèle a permis à la Chine de devenir en 2014 la première économie mondiale à parité de pouvoir d’achat, montrant l’efficacité d’une stratégie axée sur l’appui de long terme aux projets d’infrastructure. Cette déclaration intervient au moment où les investisseurs africains évaluent activement leurs partenaires financiers pour les projets structurants des prochaines années.



