Détroit d'Ormuz : pourquoi Trump menace-t-il de faire sauter Oman ?

Le président américain Donald Trump a brandi mercredi 27 mai 2026 une menace militaire directe contre le sultanat d’Oman, l’avertissant de « se comporter comme tout le monde » sous peine de se faire « sauter ». Ces déclarations, prononcées depuis la Maison-Blanche, interviennent alors que les négociations américano-iraniennes sur l’avenir du détroit d’Ormuz entrent dans une phase décisive.

Un projet de mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran, dont la télévision d’État iranienne affirme avoir obtenu une ébauche, prévoit qu’Oman co-gère avec l’Iran la circulation des navires dans le détroit d’Ormuz. C’est ce scénario que Trump a explicitement rejeté, affirmant que le détroit constitue une voie de navigation internationale que les États-Unis entendent surveiller seuls : « Les détroits seront ouverts à tout le monde, ils ne seront contrôlés par personne. Nous veillerons sur eux. »

Oman, pivot diplomatique devenu cible

Le sultanat occupe depuis des décennies une position singulière dans la région. Médiateur historique entre Téhéran et Washington, il a accueilli à Mascate les négociations nucléaires indirectes qui précédaient le déclenchement du conflit américano-iranien le 28 février 2026. Des consultations entre Mascate et Téhéran sur le régime de navigation dans le détroit sont toujours en cours, selon CNN.

Téhéran a affirmé, par la voix de son porte-parole Baghaei, que tout mécanisme relatif au détroit devait être convenu entre l’Iran, Oman et les États riverains — excluant de facto les États-Unis du dispositif. Trump a répondu à cette position par sa mise en demeure directe contre Mascate.

Un détroit sous double blocus depuis trois mois

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, est paralysé depuis le début du conflit. L’Iran bloque les navires non liés à ses partenaires commerciaux, tandis que la marine américaine intercepte les pétroliers iraniens dans le golfe d’Oman, selon une analyse de la Radio Télévision Suisse publiée le 7 mai 2026. Le Japon, qui importe 93 % de son pétrole brut depuis le Moyen-Orient via cette voie, et la Corée du Sud ont conclu en mai un accord de coopération d’urgence pour sécuriser leurs approvisionnements.

Le cadre préliminaire en cours de négociation prévoirait, selon la télévision d’État iranienne, un retour du trafic commercial à son niveau d’avant-guerre sous un mois, en échange d’un retrait des forces militaires américaines et d’une levée du blocus naval. Téhéran a précisé qu’aucune mesure ne serait prise sans « vérification tangible » des engagements américains. Les deux parties n’ont pas encore confirmé officiellement l’existence d’un accord.

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