À Oberlauterbach, dans le Bas-Rhin en France, Philippe Labat, ancien ingénieur de chez Elf âgé de 72 ans, a exploité pendant près de vingt-cinq ans un ancien puits pétrolier abandonné. D’après les sources locales, cette activité lui a permis de générer un peu plus de deux millions d’euros avant l’arrêt définitif du site en février 2026.
L’histoire débute à la fin des années 1980. Convaincu que certains gisements alsaciens conservaient encore du potentiel, Philippe Labat décide de reprendre un puits situé à Oberlauterbach, près de la frontière allemande. Le secteur présente un avantage technique important réduisant ainsi les coûts de forage et d’exploitation.
Une technologie de chauffage pour débloquer le pétrole
L’ancien ingénieur estimait que le puits n’était pas épuisé, mais simplement obstrué par de la paraffine empêchant le brut de remonter correctement. Après avoir obtenu les autorisations administratives nécessaires, il crée une société avec une quinzaine d’investisseurs et engage environ 200.000 euros pour remettre l’installation en activité.
L’exploitation démarre finalement en juillet 1999. Pour restaurer la production, Philippe Labat développe un système de chauffage du puits. Cette méthode aurait permis d’atteindre une production d’environ quinze barils par jour, revendus ensuite à une raffinerie située en Allemagne. Le puits a continué à fonctionner jusqu’à une panne majeure survenue en 2023. Les réparations ayant été jugées trop coûteuses, l’activité a définitivement cessé début 2026.
Une exploitation privée encadrée par le Code minier
Le cas reste rare en France, où l’exploitation d’un gisement pétrolier par un particulier demeure strictement encadrée. Les hydrocarbures relèvent du Code minier et appartiennent juridiquement à l’État, même lorsque le terrain est privé. Pour exploiter un puits, un opérateur doit obtenir plusieurs autorisations administratives, notamment une concession d’exploitation et des validations environnementales délivrées par les autorités compétentes.
Selon le ministère français de la Transition écologique, toute activité pétrolière doit également répondre à des obligations de sécurité, de surveillance des nappes phréatiques et de prévention des risques industriels.
Le village d’Oberlauterbach, qui compte environ 550 habitants, a aussi bénéficié de cette activité grâce aux redevances minières et à des dons annuels versés par l’exploitant. L’arrêt du puits intervient alors que la France prévoit la fin progressive de l’exploitation des hydrocarbures sur son territoire d’ici 2040, conformément à la loi adoptée en 2017.



