Guerres en Iran, stocks épuisés : la Suisse envisage de rompre avec les missiles américains

Le Conseil fédéral suisse a annoncé, mercredi 13 mai 2026, un nouveau retard de cinq à sept ans dans la livraison des systèmes de défense antimissile Patriot commandés aux États-Unis en 2022. La consommation massive de missiles au Moyen-Orient et en Ukraine a épuisé les capacités de production américaines, contraignant Berne à geler ses paiements et à prospecter activement auprès de fournisseurs européens.

Une commande qui dérape depuis quatre ans

Initialement prévue entre 2026 et 2028, la livraison des cinq batteries Patriot avait déjà accusé un premier glissement de quatre à cinq ans en raison des besoins ukrainiens. La guerre déclenchée en Iran a aggravé la situation : plus de 1 200 missiles auraient été tirés dans ce conflit, vidant davantage les stocks américains. Le prix du contrat pourrait désormais atteindre 4,6 milliards de francs suisses, selon le quotidien Tages-Anzeiger, soit le double du montant initial de 2,3 milliards. Armasuisse, l’office fédéral de l’armement, n’a pas souhaité commenter ces chiffres, précisant seulement que « plus les systèmes tardent à être livrés, plus leur prix augmente ».

Berne en quête d’alternatives européennes

Face à cette impasse, le gouvernement suisse a sollicité cinq fournisseurs de systèmes sol-air à longue portée opérant en Allemagne, en France, en Israël et en Corée du Sud. Les réponses sont attendues d’ici fin mai 2026. Le Conseil fédéral a précisé privilégier un système « de préférence fabriqué en Europe ». Parmi les options évoquées figureraient le SAMP/T franco-italien et le David’s Sling israélien, bien que leurs délais de livraison demeurent, eux aussi, incertains.

Une décision attendue à l’été 2026

Les paiements à destination de Washington restent bloqués jusqu’à nouvel ordre. Le sort des quelque 700 millions de francs déjà versés en acompte n’est pas tranché. Une rupture de contrat exposerait la Suisse à des pénalités financières dont le montant n’a pas été officiellement communiqué. Le Conseil fédéral a indiqué qu’il se prononcerait « probablement en été 2026 » sur la suite à donner à ce dossier, alors que la Confédération est privée de défense aérienne à longue portée depuis l’an 2000.

Laisser un commentaire