Le gouvernement nigérien a officiellement prononcé l’annulation de la concession minière d’Arlit, lors du conseil des ministres du lundi 18 mai 2026 présidé par le chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahmane Tiani. Le décret met fin à un titre d’exploitation uranifère accordé en 1968 au Commissariat à l’Énergie Atomique français (CEA), aujourd’hui détenu par le groupe Orano Mining.
Une procédure engagée depuis avril 2025
En application de la réglementation minière nigérienne, Orano Mining était assujettie au paiement d’une redevance superficiaire sur le périmètre non amodié de la concession d’Arlit, fixée à 25 millions de francs CFA par km² et par an depuis l’ordonnance du 8 août 2024. Un état de liquidation lui a été transmis le 14 avril 2025. Face au non-paiement, le gouvernement a notifié une mise en demeure le 25 septembre 2025. Le délai légal de six mois étant échu sans régularisation, Niamey s’est fondé sur ce manquement pour prononcer l’annulation.
Le conseil des ministres précise qu’Orano Mining « demeure redevable de ses obligations fiscales et environnementales au titre de la convention », tandis que les terrains de la concession sont désormais libérés de tous droits en résultant.
Une reprise en main systématique du secteur uranifère
La concession d’Arlit, d’une superficie de 360 km², avait été octroyée pour une durée de 75 ans. Transférée de la COGEMA à Orano Mining par décret en août 2021, elle constituait l’un des derniers titres formels du groupe français sur le sol nigérien. En juin 2025, le gouvernement Tiani avait déjà prononcé la nationalisation forcée de la Somaïr, filiale d’Orano qui assure l’essentiel de la production d’uranium du pays. Le retrait du permis d’Imouraren, autre actif du groupe, avait précédé cette décision en 2024.
Orano a engagé plusieurs procédures judiciaires internationales contre l’État nigérien, contestant notamment la nationalisation de la Somaïr. Selon le ministre des Mines, le colonel Ousmane Abarchi, ces recours constituent « quasiment un harcèlement judiciaire » qui bloque la commercialisation de l’uranium nigérien sur les marchés internationaux — environ 1 800 tonnes de yellow cake produites depuis 2023 n’auraient pas encore été vendues.
L’annulation de la concession d’Arlit devrait alimenter ces contentieux. Aucune échéance judiciaire n’a été communiquée à ce stade par les deux parties.



