Mali : le tribunal militaire enquête sur des complicités internes après les attaques

Le parquet militaire de Bamako a ouvert une enquête ce 1er mai 2026 sur les attaques terroristes du 25 avril 2026, qui ont frappé simultanément plusieurs villes du Mali. Les investigations ont conduit à l’identification de militaires en activité et d’une figure politique parmi les présumés complices.

Le 25 avril 2026, aux premières heures du matin, des colonnes armées du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont frappé de manière coordonnée Bamako, Kati, Mopti, Gao et Kidal. Ces attaques ont coûté la vie au ministre de la Défense, le général de corps d’armée Sadio Camara, tué à son domicile de Kati. Le chef d’état-major des armées et le directeur de l’Agence nationale de la sécurité d’État ont été blessés. Le gouvernement malien, dirigé par le président Assimi Goïta, a qualifié la situation d’« extrême gravité ».

Des militaires en activité mis en cause

Le Procureur de la République près le Tribunal Militaire de Bamako a rendu public, le résultat des premières investigations. Le communiqué officiel indique que les enquêtes ont « permis d’établir un faisceau d’éléments solides relatifs à la complicité de certains militaires, militaires radiés ou en instance de radiation de l’effectif, notamment leur participation à la planification, à la coordination et à l’exécution des attaques ». Parmi les individus formellement identifiés figurent le sergent Diakaridia Sodio, l’adjudant Moussa Diane et l’adjudant-chef Mamadou Keita — tous les trois en activité —, ainsi que Soïba Diarra, militaire à la retraite. Le nommé Alassane Diallo dit Abedi, militaire radié, aurait participé aux combats de Kati avant d’y trouver la mort.

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Un homme politique nommément cité

L’enquête du parquet militaire déborde du cadre strictement militaire. Le communiqué mentionne « l’implication notoire de certains hommes politiques », citant nommément le docteur Oumar Mariko, figure de l’opposition malienne et ancien secrétaire général du parti SADI. Sa mise en cause par une juridiction militaire constitue un développement judiciaire dans le traitement de cette crise.

Le Procureur a indiqué que « les premières interpellations ont été faites avec succès » et que « tous les autres auteurs, coauteurs et complices sont activement recherchés ». L’instruction se poursuit et le parquet a annoncé que les évolutions de l’enquête seraient « progressivement portées à la connaissance de l’opinion ».

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