Pacte Riyad-Téhéran : l'Europe appuie l'initiative saoudienne, les États du Golfe hésitent

L’Arabie saoudite aurait soumis à ses alliés l’idée d’un pacte de non-agression entre les États du Moyen-Orient et l’Iran, en vue de stabiliser la région après la fin des opérations militaires américano-israéliennes contre la République islamique. L’initiative, rapportée ce jeudi par le Financial Times sur la base de sources diplomatiques, prendrait modèle sur le processus d’Helsinki de 1975, qui avait contribué à réduire les tensions entre l’Est et l’Ouest durant la Guerre froide.

L’Europe ralliée, le Golfe divisé

De nombreuses capitales européennes et institutions de l’Union européenne soutiendraient l’initiative saoudite, y voyant la meilleure voie pour éviter un conflit futur et offrir à Téhéran des garanties contre de nouvelles attaques. Bruxelles et ses partenaires auraient appelé les États du Golfe à rejoindre le dispositif.

Mais l’adhésion de ces derniers est loin d’être acquise. Deux diplomates cités par le Financial Times font état de doutes quant à la participation des Émirats arabes unis à un tel arrangement. Abou Dhabi et Riyad ne partagent pas la même lecture du conflit : alors que des voix proches de la famille royale saoudienne ont critiqué Israël, les Émirats se sont rapprochés de Tel-Aviv. Des batteries Iron Dome auraient été déployées aux Émirats durant la guerre, et le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou y aurait effectué une visite secrète en temps de guerre.

La logique saoudienne

Une fois la guerre américano-israélienne terminée et les forces américaines retirées, les États du Golfe pourraient se retrouver voisins d’un Iran affaibli mais plus radical. Le modèle Helsinki offrirait à Téhéran des garanties sécuritaires tout en verrouillant la stabilité régionale.

Un diplomate arabe cité par le FT résume la position saoudienne : « un pacte de non-agression inspiré du processus d’Helsinki serait bien accueilli par la majorité des États arabes et musulmans, ainsi que par l’Iran. L’Iran ne disparaîtra pas, et c’est pourquoi les Saoudiens poussent en ce sens. »

Israël et Washington, obstacles majeurs

Israël s’opposerait vraisemblablement à tout accord formel visant à réduire les tensions entre États arabes et Iran. La position des États-Unis reste également incertaine.

Les États du Golfe avaient tenté de dissuader Washington d’attaquer l’Iran, estimant qu’une telle guerre laisserait la République islamique meurtrie mais plus déterminée, avec le régime toujours en place — ce qu’un rapport de la CIAconfirmerait.

Le Pakistan en médiateur discret

L’idée d’élargir un pacte de défense aurait été évoquée pour la première fois avant la guerre, selon un responsable pakistanais cité par le FTIslamabad, allié stratégique de Riyad, joue un rôle de médiateur entre les parties, bien que ses efforts entre Washington et Téhéran se soient heurtés à l’opposition des Émirats.

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