USA : la Russie accuse Trump de poursuivre la politique de sanctions de Biden

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé, ce 13 mai, l’administration Trump de maintenir et d’amplifier les sanctions économiques héritées de Joe Biden contre la Russie, tout en cherchant à prendre le contrôle de plusieurs infrastructures énergétiques stratégiques en Europe et en Amérique latine. Ces déclarations ont été faites lors d’une interview accordée à la chaîne RT India TV.

Les sanctions Biden, toujours en vigueur sous Trump

Depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, les États-Unis ont progressivement étendu leur régime de sanctions contre Moscou, ciblant le secteur bancaire — Sberbank, VTB, VEB —, les exportations d’hydrocarbures, les métaux industriels et les technologies militaires. En janvier 2025, en fin de mandat, l’administration Biden avait encore frappé les groupes pétroliers Gazprom Neft et Surgutneftegas, ainsi que 183 navires constituant la flotte utilisée pour contourner les restrictions internationales. Plus de 4 000 entités au total ont été visées depuis le début du conflit, faisant de la Russie le pays le plus sanctionné au monde.

Lavrov constate que l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche n’a rien changé sur ce point : « Les sanctions imposées sous son autorité [Biden] sont restées en vigueur. De plus, l’administration Trump a adopté ses propres initiatives afin de punir l’économie russe. »

Le contrôle des infrastructures énergétiques, nouvel objectif affiché

Au-delà des sanctions, Lavrov pointe une stratégie visant les voies d’approvisionnement en énergie. Il affirme que Washington chercherait à reprendre les gazoducs Nord Stream endommagés en 2022, en rachetant les parts autrefois détenues par des entreprises européennes « à environ un dixième de ce que les Européens ont payé ». Il évoque également des projets américains déclarés de prise de contrôle du réseau de transit gazier traversant l’Ukraine : « Ils veulent aussi — ils ont été ouverts à ce sujet — prendre le contrôle du gazoduc de transit reliant la Russie à l’Europe à travers l’Ukraine afin de contrôler ces flux également. »

Le chef de la diplomatie russe mentionne par ailleurs le Venezuela, où Washington chercherait à évincer Rosneft de sa coopération avec Caracas : « Maintenant, les Américains veulent prendre le contrôle de cette entreprise. Il est peu probable que la coopération entre pairs subsiste. »

Moscou résume ainsi la position américaine : malgré un discours public favorable au dialogue, « tout le reste suit le schéma initié par le président Biden ». L’administration Trump n’a pas réagi publiquement à ces accusations et aucune levée des sanctions en vigueur n’est annoncée à ce stade par Washington.

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