Xénophobie en Afrique du Sud : pour Julius Malema, la violence ne résoudra pas le chômage

Le chef du Mouvement pour le changement économique radical (EFF), Julius Malema, a rejeté jeudi 30 avril, la violence xénophobe comme réponse aux difficultés économiques de l’Afrique du Sud. S’exprimant lors de la commémoration du 14e anniversaire de la Fondation Collen Mashawana, le leader politique a appelé les citoyens à abandonner les attaques contre les migrants pour privilégier des solutions constructives face au chômage endémique.

« Je n’accepterai pas de votes qui m’obligent à promouvoir la haine contre mes compatriotes africains », a déclaré Malema. Le responsable politique sud-africain a contesté l’argument selon lequel les étrangers causeraient la perte d’emplois locaux, en interrogeant : « Après avoir fermé leurs entreprises, combien d’emplois avez-vous créés ? »

Une vague de violences

Le discours intervient alors que l’Afrique du Sud traverse depuis fin mars une escalade de violences ciblant les migrants africains. Dans la province du Cap-Oriental et au KwaZulu-Natal, des groupes de résidents ont attaqué commerces et entreprises appartenant à des ressortissants nigérians, ghanéens et zimbabwéens. Ces opérations, menées par des mouvements comme Operation Dudula et des collectifs locaux, ont contraint de nombreux migrants à fermer leurs activités et à fuir certains quartiers.

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Chômage structurel et responsabilité

Malema a mis en avant le développement des compétences et la participation économique comme voies durables de résolution du chômage. Le taux de chômage sud-africain oscille entre 32 et 35 %, parmi les plus élevés au monde. Cette réalité économique contribue à alimenter les tensions, les migrants devenant des cibles pour des frustrations liées aux défaillances dans la création d’emplois locaux.

Le chef de l’EFF a réaffirmé ses principes. « Je ne haïrai jamais les Africains pour des raisons électorales », a-t-il déclaré. Il a insisté sur la dignité et l’humanité en affirmant : « Je ne refuserai jamais l’éducation à un enfant africain ni les soins de santé à une femme enceinte en Afrique du Sud. » Le positionnement du leader de l’EFF, l’un des principaux mouvements d’opposition en Afrique du Sud, offre un contrepoint aux discours d’extrême-droite gagnant du terrain dans certains segments politiques.

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