Xénophobie : le Nigeria convoque l'envoyé sud-africain après la mort de deux Nigérians

Le gouvernement nigérian a annoncé dimanche 3 mai la convocation du Haut-Commissaire sud-africain au Nigeria, Thamsanqa Mseleku, pour une réunion fixée au lundi 4 mai. La ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, réagit ainsi aux violences xénophobes qui secouent l’Afrique du Sud depuis la fin du mois de mars, ayant déjà coûté la vie à au moins deux ressortissants nigérians.

Selon le porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères, Kimiebi Ebienfa, l’un des décédés, Ekpenyong Andrew, a été arrêté avant que son corps ne soit découvert dans le quartier de Booysens, à Pretoria. L’autre victime, Amaramiro Emmanuel, est décédée des suites de blessures infligées lors d’une attaque.

Les manifestations xénophobes s’intensifient

L’Afrique du Sud connaît depuis fin mars une recrudescence des violences ciblant les migrants africains, particulièrement dans les provinces du Cap-Oriental et du KwaZulu-Natal. Ces attaques, menées par divers groupes dont le mouvement Operation Dudula, visent des citoyens originaires du Nigeria, du Ghana, du Zimbabwe et d’autres pays africains. Les entreprises appartenant à des étrangers sont pillées et vandalisées, tandis que les quartiers populaires sont parcourus par des groupes effectuant des contrôles d’identité informels.

Publicité

Le gouvernement nigérian dénonce un « mécontentement croissant » parmi ses ressortissants face à ces attaques. Selon les données de l’Université de Witwatersrand, depuis 1994, les violences xénophobes en Afrique du Sud ont provoqué 669 décès, entraîné le pillage de plus de 5 310 commerces et forcé plus de 127 000 personnes à se déplacer.

Une crise économique et sociale

Ces violences s’enracinent dans une crise économique. L’Afrique du Sud affiche un taux de chômage oscillant entre 32 et 35%, tandis que les inégalités comptent parmi les plus élevées au monde. Au cours de l’année fiscale 2025-2026, les autorités sud-africaines ont enregistré 57 784 expulsions de migrants, marquant une augmentation de 46% en deux ans.

Lors de la réunion prévue le 4 mai, le gouvernement nigérian entend « transmettre formellement sa profonde préoccupation » concernant les mauvais traitements de ses citoyens et de leurs entreprises. L’objectif déclaré est de préserver des relations diplomatiques établies de longue date entre Abuja et Pretoria, actuellement fragilisées par cette escalade des tensions.

Laisser un commentaire