Afrique : la Russie annonce plus de 27 milliards $ d'échanges commerciaux en 2025

Vingt-sept milliards de dollars : c’est le montant que Moscou revendique désormais pour ses échanges commerciaux avec le continent africain sur l’année écoulée. Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, a livré ce chiffre ce 30 juin lors d’une réunion du Conseil des affaires consacrée aux projets russo-africains, qu’il présidait. « Le chiffre d’affaires entre la Russie et les pays du continent a dépassé 27 milliards de dollars l’an dernier. Elle croît à un rythme rapide », a-t-il affirmé.

Une croissance rattachée aux sommets de Sotchi et Saint-Pétersbourg

Le ministre russe a situé cette annonce dans la continuité des décisions adoptées lors des sommets Russie-Afrique de Sotchi en 2019 et de Saint-Pétersbourg en 2023. Selon lui, la Russie et les pays du continent continueraient depuis d’enrichir leur coopération avec de nouveaux fonds, le renforcement qualitatif de la coopération commerciale, économique et d’investissement figurant parmi les priorités jugées inconditionnelles par Moscou. « Nous continuerons à saisir toutes les opportunités disponibles pour intensifier la coopération dans ce domaine », a-t-il ajouté, tout en reconnaissant qu’il restait, à ses mots, « encore une marge de progression » en termes absolus.

Cette déclaration intervient après plusieurs mois marqués par une activité diplomatique soutenue entre Moscou et le continent. Début décembre 2025, une conférence ministérielle tenue au Caire avait réuni une cinquantaine de délégations africaines aux côtés de Lavrov, dans la perspective d’un troisième sommet Russie-Afrique attendu en 2026.

Des échanges concentrés sur l’énergie, les mines et les céréales

Au-delà du chiffre global avancé par le ministre, l’intensification des liens économiques entre les deux parties s’observe depuis le début des années 2010, portée notamment par les hydrocarbures et l’extraction minière. Le groupe Lukoil a investi dans des champs pétrogaziers au Ghana, au Cameroun, au Nigeria et au Congo, tandis que Rosneft s’est positionné dans le gaz mozambicain. Le groupe nucléaire public Rosatom a, de son côté, multiplié les annonces de projets sur le continent ces derniers mois. La Russie s’est par ailleurs imposée comme un fournisseur céréalier de premier plan pour l’Afrique du Nord, région dépendante des importations de blé.

Ce mouvement n’a toutefois pas été linéaire. Les sanctions occidentales imposées à Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine ont contraint plusieurs groupes russes à revoir leurs ambitions africaines. Le groupe diamantaire Alrosa a dû céder sa participation dans la mine angolaise de Catoca, tandis que Nornickel s’est retiré du projet sud-africain de Nkomati. Ces revers n’ont pas empêché les exportations russes vers l’Afrique de se poursuivre.

Vers un sommet décisif en 2026

L’annonce du 30 juin confirme la volonté de Moscou d’ancrer durablement sa présence économique sur le continent, à quelques mois du troisième sommet Russie-Afrique. Vladimir Poutine a signé le 25 mars 2026 un décret désignant Moscou comme ville hôte de cet événement, prévu les 28 et 29 octobre, et confié son organisation à un comité dirigé par son conseiller Iouri Ouchakov. Ce sommet devrait permettre de mesurer si les engagements évoqués par Lavrov se traduisent par des projets structurants.

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