Après le pétrole, Dangote se lance dans un ambitieux pari sur l’électricité et les engrais

Le groupe Dangote prépare une nouvelle phase de son développement industriel avec des projets dans l’électricité, les engrais et les mines. Son président, Aliko Dangote, a détaillé cette stratégie lors d’un entretien accordé à la Société financière internationale (IFC) à Washington.

Réuni avec le directeur général de l’IFC, Makhtar Diop, l’homme d’affaires nigérian a présenté plusieurs projets destinés à renforcer la présence de son groupe dans des secteurs jugés stratégiques pour l’économie africaine. Parmi eux figure un programme de production électrique de 20 000 mégawatts, une capacité qui dépasserait celle actuellement installée au Nigeria.

Selon Aliko Dangote, cette expansion serait rendue possible par l’amélioration de la situation financière du groupe après les investissements réalisés ces dernières années dans le raffinage pétrolier. Il a indiqué que les ressources générées permettraient désormais de financer de nouveaux projets d’infrastructures.

Une entrée en bourse envisagée pour la raffinerie

Le dirigeant a également évoqué une future introduction en bourse de la raffinerie de Lagos. D’après ses estimations, la cession d’environ 25 % du capital pourrait permettre aux investisseurs africains de bénéficier de dividendes compris entre 20 et 25 milliards de dollars.

Le projet repose sur les performances attendues du groupe, qui viserait à terme un chiffre d’affaires annuel de 100 milliards de dollars. Aliko Dangote a également indiqué que les dividendes pourraient être versés en dollars, une option destinée à rassurer les investisseurs confrontés aux fluctuations de certaines monnaies africaines.

Des ambitions dans les engrais et les matières premières

L’expansion annoncée concerne aussi l’industrie des engrais. Le groupe prévoit d’atteindre une capacité de production d’urée de 12 millions de tonnes et poursuit le développement de projets miniers de potasse et de phosphate en République du Congo.

Cette stratégie intervient alors que la raffinerie de Lagos continue de monter en puissance. Selon les déclarations d’Aliko Dangote à l’IFC, l’installation a récemment atteint un niveau de traitement de 661 000 barils de pétrole par jour, au-dessus de sa capacité nominale de 650 000 barils.

La raffinerie constitue l’un des projets industriels les plus importants du continent. Après plusieurs années de travaux et de reports, elle a commencé à fournir ses premiers carburants au marché nigérian en 2024. Son lancement a été présenté comme une étape majeure pour réduire la dépendance du Nigeria aux importations de produits raffinés.

Des obstacles à l’intégration économique africaine

Au cours de l’entretien, Aliko Dangote a aussi dénoncé plusieurs freins aux investissements sur le continent, notamment les contraintes liées aux visas et aux coûts de transport entre pays africains.

Par l’intermédiaire de l’African Renaissance Group, une initiative soutenue notamment par l’IFC, il plaide pour un environnement plus favorable aux échanges régionaux. Le groupe Dangote entend désormais poursuivre son développement dans l’énergie, les engrais et les infrastructures, tandis que les modalités de son projet électrique et de l’introduction en bourse de la raffinerie restent encore à préciser.

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