Une nouvelle décision de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) vient de tomber dans une affaire mêlant cybercriminalité et transferts d’argent. Lundi 29 juin 2026, la juridiction spéciale a condamné un tenancier de boutique de transfert d’argent, présenté par le ministère public comme un proche de Kemi Seba, à cinq ans de prison ferme pour complicité d’escroquerie via internet.
Le dossier était examiné sous les qualifications initiales d’« incitation à la rébellion » et d’« escroquerie via internet ». Au moment de rendre sa décision, la CRIET a finalement requalifié les poursuites en « complicité d’escroquerie via internet ».
Après avoir retenu cette qualification, la juridiction a déclaré le prévenu coupable et l’a condamné à une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de deux millions de FCFA. Les juges ont également ordonné la confiscation des téléphones saisis au cours de l’enquête.
Selon le ministère public, les investigations ont permis d’identifier quarante-sept transactions jugées suspectes dans les archives du commerçant. Le parquet lui reprochait d’avoir facilité la récupération de fonds provenant d’activités de cybercriminalité et d’avoir entretenu des liens avec Kemi Seba, recherché par la justice béninoise.
Le prévenu a contesté les accusations
Lors des audiences, le mis en cause a rejeté les faits qui lui étaient reprochés. Il a reconnu exercer des activités d’achat et de vente de devises ainsi que des opérations de transfert d’argent, précisant percevoir une commission de 5 % sur chaque transaction.
Le prévenu a toutefois assuré n’avoir jamais collaboré avec des cybercriminels et avoir ignoré la qualité de certains de ses clients. S’agissant de Kemi Seba, il a expliqué avoir réalisé seulement deux opérations de transfert à son profit en 2022.
Selon ses déclarations, la première transaction aurait été effectuée par l’intermédiaire du chauffeur du président de l’ONG Urgences panafricanistes, tandis que la seconde aurait eu lieu en présence de ce dernier.
La défense plaidait la relaxe
Les avocats de la défense ont soutenu que les éléments constitutifs des infractions poursuivies n’étaient pas réunis. Ils ont notamment fait valoir l’absence d’intention frauduleuse et affirmé que leur client n’avait pas connaissance d’éventuelles activités illicites de certains utilisateurs de ses services. « Le prévenu n’a connaissance d’aucun cybercriminel », ont défendu ses conseils au cours des débats, en sollicitant sa relaxe pure et simple, ou, à défaut, une relaxe au bénéfice du doute. La CRIET n’a pas suivi cette argumentation. En retenant la complicité d’escroquerie via internet, elle a confirmé la culpabilité du prévenu, qui retournera en détention pour exécuter le reste de la peine prononcée.
