Déminage d’Ormuz : l’Iran accuse la France de “provocations”

Trois jours après la signature d’un mémorandum censé clore le conflit, l’Iran et la France s’affrontent déjà sur l’interprétation de ses clauses. Téhéran a rejeté lundi toute participation française au déminage du détroit d’Ormuz, qualifiant de “provocations” l’initiative annoncée la veille par Emmanuel Macron. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a affirmé sur X que cette opération relève de la compétence exclusive de l’Iran, en vertu de l’accord signé avec Washington.

Une initiative franco-omanaise contestée

La déclaration française fait suite à la première visite officielle en France du sultan d’Oman, Haïtham ben Tariq, reçu lundi à l’Élysée. À l’issue de leur entretien, les deux dirigeants ont annoncé vouloir coopérer avec leurs partenaires internationaux pour retirer les mines disséminées dans le détroit, dans l’objectif de garantir un passage maritime libre et sans condition. Cette annonce intervient alors que la voie navigable, qui concentre environ 20% du trafic pétrolier maritime mondial, reste fragilisée par les séquelles du conflit qui a opposé l’Iran aux États-Unis et à Israël depuis février.

Gharibabadi a immédiatement répliqué, invoquant le mémorandum d’entente d’Islamabad, conclu entre Téhéran et Washington pour mettre fin à la guerre. Selon ce texte, le retrait des engins explosifs incomberait exclusivement à l’Iran, à l’exclusion de tout autre acteur. “Nous conseillons fortement à la France de ne pas compliquer davantage une situation sensible et complexe”, a-t-il averti.

Un point d’achoppement juridique

Le différend porte sur l’interprétation du point 5 du mémorandum américano-iranien, qui prévoit la reprise du trafic commercial sous réserve d’un déminage mené par la République islamique dans un délai de trente jours. Ce délai, fixé après la signature de l’accord le 17 juin, semble aujourd’hui dépassé au vu de la persistance des restrictions de navigation.

Paris justifie sa démarche par la nécessité de sécuriser durablement la zone, le détroit ayant fait l’objet de plusieurs incidents depuis l’instauration du cessez-le-feu, dont une fermeture temporaire décrétée par Téhéran le 20 juin en représailles à des frappes israéliennes au Liban. La France et le Royaume-Uni avaient par ailleurs constitué une coalition de pays non belligérants pour une mission de sécurisation maritime, sans toutefois obtenir un soutien appuyé de Donald Trump, dont l’intérêt s’est jusqu’ici limité aux capacités de déminage européennes.

Sur le terrain, le trafic commercial reprend progressivement: une quarantaine de navires ont transité par le détroit dimanche, contre une fraction du volume habituel avant la crise, certains armateurs privilégiant désormais une route longeant la côte omanaise plutôt que le couloir désigné par l’Iran.

Une rencontre Iran – Oman en parallèle

Téhéran et Mascate ont par ailleurs confirmé avoir tenu lundi leur première réunion consacrée à la gestion du détroit depuis la signature de l’accord avec Washington, sans préciser la date exacte de cette rencontre. Une délégation iranienne doit se rendre mardi à Doha, au Qatar, pour de nouvelles discussions avec les représentants américains, Jared Kushner et Steve Witkoff, sur l’application du mémorandum.

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