Moscou a qualifié mercredi le Canada d’État faisant la guerre par procuration, après la conclusion d’un accord de production de drones entre Ottawa et Kiev. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a menacé lors d’une conférence de presse de divulguer publiquement l’adresse d’une usine canadienne impliquée dans le partenariat.
L’accord, annoncé il y a deux semaines par le gouvernement canadien, associe le fabricant de drones Sentinel R&D, établi à Hamilton, en Ontario, à la société ukrainienne Airlogix. Il prévoit le déploiement potentiel de drones fabriqués au Canada sur la ligne de front en Ukraine. L’ambassadeur russe à Ottawa a affirmé qu’Ottawa cherchait à tirer profit du conflit, que Moscou persiste à ne pas qualifier de guerre.
Moscou intègre l’accord dans sa planification militaire
Maria Zakharova et l’ambassadeur russe ont tous deux indiqué que cet accord était désormais pris en compte dans la planification militaire et politique de la Russie. Zakharova a ajouté qu’en permettant à l’Ukraine de délocaliser des équipements militaires essentiels sur son territoire, le Canada ne se comporte pas en pacificateur.
Le ministre canadien de la Défense nationale, David McGuinty, a répondu qu’Ottawa ne se laisserait pas intimider et continuerait à soutenir l’Ukraine. « Nous nous attendions à ce que les Russes se montrent critiques, car ils n’aiment pas que l’OTAN se mobilise pour venir en aide à l’Ukraine », a-t-il déclaré.
Un conflit que Washington n’est pas parvenu à éteindre
Les efforts de médiation américains n’ont pas produit de résultat durable. Depuis janvier 2025, l’administration Trump a multiplié les initiatives pour mettre fin au conflit : proposition d’un cessez-le-feu de 30 jours négocié en Arabie saoudite, trêve de 72 heures autour du Jour de la Victoire du 9 mai 2026, et pourparlers à Genève sur des mécanismes de surveillance. Ces tentatives se sont toutes heurtées à la poursuite des combats et à des accusations mutuelles de violations. Fin mai, le secrétaire d’État Marco Rubio admettait que les efforts de médiation n’avaient pas abouti à « un résultat fructueux ».
Les livraisons d’armements occidentaux à l’Ukraine demeurent l’un des principaux points de friction entre Moscou et ses partenaires de l’OTAN. Le Canada, qui a également élargi ses sanctions contre la Russie à plusieurs reprises depuis novembre 2025 — notamment en ciblant des entités liées à la flotte fantôme russe —, n’a pas précisé si des mesures de sécurité supplémentaires seraient prises pour protéger l’usine Sentinel R&D à Hamilton.


