Erdogan menace, Nétanyahou insulte, Trump calme le jeu depuis le Bureau ovale

Recep Tayyip Erdogan a déclaré mercredi devant le parlement turc que les frappes israéliennes en Syrie et au Liban constituaient désormais une menace directe pour la Turquie. Depuis le Bureau ovale, Donald Trump a écarté tout risque de confrontation entre Ankara et Tel Aviv, louant au passage son amitié avec le dirigeant turc.

Devant les députés, Erdogan a affirmé que l’« agression » israélienne menaçait l’ensemble de la région et appelé à ce qu’elle soit stoppée. Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a répliqué sans délai, qualifiant le président turc de « dictateur antisémite » pratiquant le « génocide contre les Kurdes » et soutenant le Hamas. Interrogé dans la foulée par un journaliste sur un éventuel conflit entre les deux pays, Trump a indiqué ne pas avoir eu connaissance des propos d’Erdogan, ajoutant qu’il l’appellerait pour s’assurer que « rien ne se passerait avec la Turquie ».

Une rivalité qui s’intensifie depuis Gaza

Les relations israélo-turques se sont dégradées progressivement depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Ankara avait pourtant été le premier pays à majorité musulmane à reconnaître l’État d’Israël en 1949. Depuis, Erdogan a multiplié les déclarations hostiles à Tel Aviv, suspendu les échanges commerciaux bilatéraux en mai 2024, et accueilli des responsables du Hamas sur le sol turc. La présence croissante de l’armée turque en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024 a ajouté une dimension militaire concrète à cette rivalité, Ankara et Tel Aviv y poursuivant des objectifs stratégiques antagonistes.

Trump en équilibriste entre deux alliés

La position américaine reste délicate. Washington s’appuie sur Israël dans sa confrontation avec l’Iran, tout en comptant sur la Turquie — membre de l’OTAN — pour les négociations de cessez-le-feu au Moyen-Orient. Le ministre des Affaires étrangères turc Hakan Fidan a déclaré qu’Israël pourrait chercher à faire de la Turquie son adversaire principal dans un scénario post-Iran. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a pour sa part qualifié les menaces turques de posture rhétorique sans portée opérationnelle réelle.

La question de la vente d’avions de combat F-35 à la Turquie, soulevée par le même journaliste lors de l’échange avec Trump, n’a pas obtenu de réponse directe du président américain. Ce dossier, gelé depuis 2019 après l’achat par Ankara de systèmes de missiles russes S-400, pourrait constituer un levier de pression dans les semaines à venir.

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