Malgré les tensions avec Trump, Nétanyahou candidat aux prochaines élections en Israël

Le parti Likoud a annoncé mercredi 10 juin que le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou briguera un nouveau mandat lors des prochaines élections législatives, prévues d’ici fin octobre 2026. La confirmation intervient alors que les relations avec Washington sont dégradées et que le chef du gouvernement reste poursuivi dans trois affaires pénales distinctes.

Début juin, le président américain Donald Trump aurait, lors d’un appel téléphonique, sèchement reproché à Nétanyahou ses opérations militaires continues au Liban, estimant qu’elles compromettaient les négociations en cours avec l’Iran. Selon deux responsables américains cités par le site d’information Axios, Trump aurait lancé à son homologue : « Tu serais en prison si ce n’était pas grâce à moi. » Une allusion directe au soutien répété du président américain en faveur d’une grâce présidentielle pour le Premier ministre israélien, rattrapé depuis 2019 par trois actes d’inculpation pour fraude, corruption et abus de confiance. Trump a confirmé la teneur de cet échange dans une interview au New York Post, tout en maintenant que la coopération entre les deux pays restait solide. Nétanyahou, interrogé sur CNBC, a écarté toute rupture, évoquant de simples « désaccords tactiques » entre alliés. La candidature du Premier ministre survient précisément dans ce double contexte de tension diplomatique et de fragilité judiciaire.

Trois affaires, aucun jugement

Les poursuites concernent des faits distincts. Dans la première affaire, Nétanyahou et son épouse Sara sont accusés d’avoir reçu pour plus de 260 000 dollars de cadeaux — cigares, champagne, bijoux — de la part d’hommes d’affaires milliardaires en échange de faveurs politiques. La deuxième affaire porte sur des négociations supposées avec le quotidien Yedioth Ahronoth pour obtenir une couverture favorable contre un soutien législatif. La troisième, considérée comme la plus grave, concerne des avantages réglementaires accordés à la société de télécommunications Bezeq en échange d’une couverture positive sur le site d’information Walla, ce qui lui vaut une inculpation pour corruption. Nétanyahou nie l’ensemble des faits et a commencé à témoigner en décembre 2024, devenant le premier Premier ministre israélien en exercice à comparaître comme défendeur devant un tribunal pénal. Fin novembre 2025, il a déposé une demande officielle de grâce auprès du président Isaac Herzog, qui a depuis convoqué avocats et procureurs pour des discussions préalables, sans qu’une décision ait encore été rendue.

Une opposition recomposée

Face à Nétanyahou, l’opposition s’est restructurée. Les anciens Premiers ministres Naftali Bennett et Yaïr Lapid ont annoncé la fusion de leurs formations respectives — Bennett 2026 et Yesh Atid — pour présenter un front commun au scrutin. Le procès pour corruption du Premier ministre, suspendu plusieurs semaines en raison de l’état d’urgence lié aux opérations militaires contre l’Iran, a repris en avril 2026 devant le tribunal de district de Jérusalem. La prochaine audience est prévue avant la date limite électorale du 27 octobre 2026.

Laisser un commentaire