Jérusalem n'est pas Constantinople : Israël Katz tance le ministre turc de l'Intérieur

Le ministre turc de l’Intérieur Mustafa Çiftçi a déclaré samedi vouloir voir Jérusalem « libérée » et rêver d’en devenir gouverneur. Le ministre israélien de la Défense Israël Katz lui a répondu le même jour en invoquant la chute de l’Empire ottoman.

Le ministre turc de l’Intérieur Mustafa Çiftçi a déclaré samedi, lors d’une conférence du Parti de la justice et du développement (AKP) dans la province de Çorum, que la Turquie verrait un jour « la libération de Jérusalem ». Il a ajouté avoir prié toute sa carrière pour devenir gouverneur de la ville. Ces propos ont suscité une réponse directe du ministre israélien de la Défense Israël Katz, qui a publié le même jour sur X un message adressé à Çiftçi, à Erdoğan et à plusieurs responsables de l’opposition turque.

Une réponse ancrée dans l’histoire

Katz a opposé à Çiftçi un parallèle historique explicite : « Jérusalem n’est pas Constantinople et l’État d’Israël n’est pas un Empire croisé en train de s’effondrer. » Il a affirmé que Jérusalem est la capitale du peuple juif depuis trois mille ans et qu’elle le resterait « pour l’éternité », avant d’ajouter que l’Empire ottoman dont Erdoğan rêverait s’est effondré et ne reviendra jamais.

Le ministre a également interpellé Çiftçi sur l’héritage d’Atatürk, fondateur de la République turque, estimant que le gouvernement actuel œuvrait à l’inverse du projet de modernisation qu’il incarnait.

Une escalade dans une crise durable

La sortie de Çiftçi survient dans un climat de tensions soutenues entre Ankara et Jérusalem. En novembre 2025, la justice turque avait émis des mandats d’arrêt pour « génocide » contre le Premier ministre Binyamin Nétanyahou et plusieurs ministres israéliens, dont Katz lui-même. En avril 2026, des procureurs turcs avaient requis des peines cumulées de plus de 4 500 ans de prison contre 35 responsables israéliens, en lien avec l’interception de navires humanitaires à destination de Gaza.

Çiftçi occupe le poste de ministre de l’Intérieur depuis le 11 février 2026, nommé lors d’un remaniement partiel du gouvernement Erdoğan. Aucune réaction officielle du gouvernement turc n’avait été publiée dans l’immédiat.

Laisser un commentaire