Le ministre ivoirien du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, s’est rendu mercredi 17 juin sur le site de la future Zone économique spéciale (ZES) d’Adzopé, à environ 85 kilomètres d’Abidjan. À cette occasion, le gouvernement a détaillé l’ampleur du projet : un investissement global estimé à 225 milliards de FCFA et la création attendue de près de 51 000 emplois directs et indirects.
Une plateforme industrielle de plusieurs centaines d’hectares
La future zone s’étendra sur 432 hectares, avec une possibilité d’extension à 500, voire 600 hectares selon les besoins. Les premières esquisses du projet remontent à 2015, ce qui en fait un dossier suivi depuis plus d’une décennie par les autorités ivoiriennes avant d’atteindre ce stade d’avancement concret.
Konaté a indiqué que l’industrialisation constitue l’un des piliers du Plan national de développement (PND) 2026-2030, porté par le président Alassane Ouattara. Le ministre a rappelé l’objectif gouvernemental de faire passer le pays du statut de premier producteur mondial de cacao, d’anacarde et d’huile de palme à celui de premier transformateur de ces matières premières. La création de zones industrielles dans les régions et de zones économiques spéciales dans les districts doit, selon lui, étendre les retombées du développement au-delà du district autonome d’Abidjan.
Un poste électrique déjà en construction
Sur le terrain, un poste source électrique de 225 kV est en construction pour sécuriser l’alimentation de la future zone industrielle. Ce poste comportera cinq départs, dont trois seront réservés à l’approvisionnement de la ZES, les deux autres devant renforcer la desserte électrique des populations environnantes.
« Adzopé constitue un atout essentiel que nous devons valoriser », a déclaré Konaté à l’issue de sa visite, en présence du préfet de région Gueu Zro Simplice, de la maire d’Adzopé Florence Achi, des chefs coutumiers et des propriétaires terriens. Le ministre a salué la qualité du dialogue engagé avec les parties prenantes locales et réaffirmé l’engagement de l’État à privilégier la concertation avec les détenteurs des terres concernées par le projet.
Le financement de l’État conditionné à un appui de la BOAD
Selon le ministre, l’État ivoirien prendra en charge le financement des infrastructures primaires : voirie, réseaux d’eau et équipements de base. Cette part représente environ 25 % du coût total du projet, soit près de 52 milliards de FCFA. Une requête de financement a été déposée auprès de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) pour accompagner cette composante et accélérer la réalisation de la zone.
Ce montage fait partie du programme plus large de mobilisation de ressources du PND 2026-2030, qui prévoit 209 milliards de dollars d’investissements sur la période, dont 147 milliards attendus du secteur privé. La part restante du coût de la ZES d’Adzopé, soit environ 75 %, devra ainsi être couverte par des investisseurs privés appelés à s’installer sur la plateforme une fois les aménagements primaires achevés.
La suite du projet dépendra désormais de la réponse de la BOAD à la requête de financement déposée par l’État ivoirien, qui conditionne le rythme de réalisation des infrastructures de base avant l’arrivée des premiers opérateurs industriels.



