Dix ans d’attente s’achèvent sur un quai de chargement à Parakou. Le mardi 23 juin 2026, les premiers conteneurs de coton ont quitté l’infrastructure logistique du nord du Bénin, marquant le passage effectif du Port sec de Parakou en phase d’exploitation. L’opération a été menée par la société Atral, spécialisée dans le transport et la manutention, pour le compte de la Société pour le Développement du Coton (SODECO), avec pour destination le Port autonome de Cotonou.
Une infrastructure conçue pour désenclaver le nord du pays
Le site, achevé depuis plusieurs mois, avait obtenu ses dernières autorisations d’exploitation en 2024. Porté par le Groupe Petrolin, dirigé par l’homme d’affaires béninois Samuel Dossou-Aworet, le projet s’inscrit dans le Projet Épine Dorsale, un programme plus vaste d’intégration logistique régionale. La plateforme occupe un domaine de 50 hectares, extensible à 100 hectares selon les besoins futurs, situé à environ 3 kilomètres du centre-ville de Parakou et raccordé à la voie ferrée existante — un atout que la source officielle du projet souligne pour les développements logistiques à venir.
Entrepôts, zones de chargement et équipements de manutention sont désormais présentés comme pleinement fonctionnels. Le directeur général du port sec, Rodrigue Alia, a confirmé le bon déroulement de cette phase de démarrage : « nous avons effectivement lancé les opérations et celles-ci se déroulent dans d’excellentes conditions ».
Le coton en tête des premières cargaisons
Le choix du coton pour inaugurer les flux d’exportation n’a rien d’anodin : la fibre reste la première culture d’exportation du pays et une source majeure de devises. Le Bénin, premier producteur ouest-africain de coton, cherche justement à redresser une production en repli depuis trois campagnes consécutives, retombée sous les 500 000 tonnes après avoir dépassé 700 000 tonnes. Pour relancer la filière, le gouvernement a annoncé début juin une prime de 10 francs CFA par kilogramme si la production 2026-2027 franchit à nouveau ce seuil, une enveloppe budgétaire estimée à environ 7 milliards de francs CFA.
L’ambition affichée par les promoteurs du port sec dépasse le coton : la plateforme doit servir de point de passage pour les marchandises destinées ou en provenance du Niger, du Burkina Faso, du Mali et du nord du Nigeria, en complément du corridor maritime de Cotonou. La montée en puissance des volumes traités à Parakou dépendra du rythme des exportations de la campagne 2026-2027, dont le bilan sera établi à son terme.
