Le rideau se lèvera pour lui une dernière fois. Le 16 juin, à New Jersey, Sadio Mané entamera contre la France ce qui sera son ultime Coupe du monde. À 34 ans, double champion d’Afrique, le capitaine des Lions de la Teranga revient sur la plus grande scène du football avec un seul objectif : inscrire son nom là où aucun Sénégalais n’a encore été.
Un retour qui tient du serment
Quelques instants après avoir remporté la Coupe d’Afrique des Nations face au Maroc en janvier 2026, Mané avait annoncé sur Canal+ la fin de son aventure continentale avec les Lions. « Comme je l’ai dit, pour moi, avec la CAN, c’est fini, c’est terminé », avait-il déclaré, visiblement ému, avant d’ajouter : « si tout va bien, je vais accompagner l’équipe à la Coupe du Monde. Et après, je pense que c’est bon… »
Le sélectionneur Pape Thiaw a convoqué Mané pour le Mondial, offrant à l’attaquant d’Al-Nassr l’occasion de partir sur une bonne note. Un dernier tour de piste, consenti par un joueur qui aurait pu se retirer au sommet, mais qui a choisi d’aller au bout.
La blessure de 2022, une ardoise à effacer
Cette Coupe du monde revêt pour Mané une signification particulière. Absent au Qatar pour cause de blessure, il avait assisté depuis les tribunes à l’élimination du Sénégal en huitièmes de finale face à l’Angleterre. Quatre ans plus tard, il est de retour, et rien ne semble devoir l’arrêter.
307 buts et 148 passes décisives en carrière : Mané s’affirme comme l’un des attaquants les plus prolifiques de sa génération. En sélection, il totalise plus de 100 capes et plus de 40 buts avec le Sénégal. Des chiffres qui illustrent une décennie de domination, mais qui ne disent rien d’une Coupe du monde jamais véritablement vécue de l’intérieur.
Face à la France, le test immédiat
Le calendrier n’a pas fait de cadeaux aux Lions. Le Sénégal débutera sa campagne le 16 juin face à la France, avant d’affronter la Norvège le 23 juin puis l’Irak trois jours plus tard. Un premier match contre l’un des favoris du tournoi, porteur d’une charge historique supplémentaire : en 2002, le Sénégal avait battu une France championne du monde et d’Europe en titre. L’histoire ne se répète pas, mais elle peut s’écrire à nouveau.
Face à cette échéance, Mané affiche une sérénité calculée. Après une défaite en match de préparation contre les États-Unis (3-2), au cours duquel il avait inscrit un doublé, il avait adopté un discours apaisé : « Il n’y a pas de problème. On aurait aimé gagner mais il n’y a aucun souci. Ce match va nous permettre de savoir où nous en sommes avant notre match contre la France. Mais ce qui est sûr, c’est qu’on sera prêt avant le début de la compétition. »
Un héritage à sceller
Vainqueur de la CAN 2021 et de la CAN 2025, élu meilleur joueur de cette dernière édition continentale, Mané quitte la scène africaine auréolé de tous les honneurs. Reste la Coupe du monde, seul trophée absent d’un palmarès exceptionnel — non comme vainqueur, ambition trop lourde à formuler, mais comme acteur d’un parcours historique pour le Sénégal, qui n’a jamais dépassé les quarts de finale de 2002.
« Tout d’abord je vais remercier tout le peuple sénégalais. Ça n’a pas été facile mais au final on l’a fait ensemble », avait-il soufflé après le sacre africain. Le 16 juin, il s’agira de continuer à le faire — une dernière fois, sur la plus grande scène du monde.


