Le président nigérien, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a signé le 11 juin 2026 un décret portant déchéance provisoire de la nationalité nigérienne de Mariama Djibrine, connue sous le pseudonyme de Mayra. L’annonce a été faite par le Secrétariat général du gouvernement du Niger dans un communiqué officiel publié jeudi.
Selon ce communiqué, la mesure vise Mariama Djibrine, née le 27 mai 1989 à N’Guigmi. Les autorités nigériennes indiquent qu’elle est poursuivie pour diffusion de données susceptibles de troubler l’ordre public, incitation à la révolte et intelligence avec une puissance étrangère.
Une décision fondée sur les ordonnances de 2024
Le Secrétariat général du gouvernement précise que le décret a été pris en application de l’ordonnance n°2024-43 du 27 août 2024, modifiée et complétée par l’ordonnance n°2024-46 du 7 octobre 2024. Ces textes encadrent le fichier des personnes, groupes ou entités impliqués dans des actes de terrorisme ou dans des infractions portant atteinte aux intérêts stratégiques et fondamentaux de la Nation.
Les mêmes dispositions prévoient également des mesures à l’encontre de personnes considérées comme susceptibles de porter gravement atteinte à la tranquillité publique ou à la sécurité du pays. Le communiqué officiel ne fournit pas davantage de détails sur les faits reprochés à Mariama Djibrine ni sur l’état d’avancement d’éventuelles procédures judiciaires la concernant.
Un nouveau cas après les mesures d’avril 2026
Cette décision intervient quelques mois après une autre série de déchéances provisoires de nationalité prononcées par les autorités nigériennes.
En avril 2026, le général Abdourahamane Tiani avait signé un décret visant Aminata Boureima Takoubakoye, ancienne ministre et ex-directrice de l’Institut national de la statistique (INS), ainsi que Djibo Yaya. Selon les autorités, les deux personnalités étaient poursuivies pour des faits liés notamment à des activités susceptibles de troubler l’ordre public et à la diffusion de contenus jugés perturbateurs.
Ces mesures avaient également été prises sur la base des dispositions introduites par les ordonnances adoptées en 2024.
Une mesure qualifiée de provisoire
Le document publié par le Secrétariat général du gouvernement mentionne explicitement une déchéance « provisoire » de la nationalité nigérienne. Cette qualification figure dans plusieurs décisions prises depuis l’adoption du nouveau dispositif juridique mis en place par les autorités de transition.
À ce stade, aucune annonce officielle n’a été faite concernant une éventuelle révision de la mesure ou un calendrier précis relatif à la situation de Mariama Djibrine.



