Nigeria : une enseignante décapitée, des élèves enlevés à Oyo, Tinubu s'engage à les libérer

Des hommes armés ont attaqué trois établissements scolaires de la communauté d’Esiele et de Yawota, dans la zone de gouvernement local d’Oriire (État d’Oyo, sud-ouest du Nigeria), le 15 mai 2026, enlevant 39 élèves et sept enseignants. Un professeur de mathématiques, Michael Oyedokun, a été décapité durant l’assaut. Le président nigérian Bola Tinubu a condamné l’acte et promis de tout mettre en œuvre pour libérer les victimes encore retenues.

Les établissements visés — Baptist Nursery and Primary School à Yawota, Community Grammar School et L.A. Primary School à Esiele — ont été pris simultanément d’assaut par des hommes circulant à moto, qui ont ensuite disparu dans les forêts environnantes. Parmi les élèves enlevés figure une enfant de deux ans scolarisée à l’école baptisticale de Yawota. La police nigériane a qualifié l’opération d’« attaque coordonnée ». Un motocycliste a également été tué après avoir résisté à la saisie de son engin par les assaillants.

Grève illimitée des enseignants

Le Syndicat national des enseignants du Nigeria (NUT) a déclenché le 1er juin 2026 une grève illimitée dans l’État d’Oyo, suspendant les cours dans tous les établissements publics primaires et secondaires. Des rassemblements de solidarité ont été organisés le 2 juin dans l’ensemble des capitales d’État, avec des marches vers les résidences des gouverneurs pour exiger un renforcement de la sécurité autour des écoles. La direction nationale du syndicat, dans un communiqué signé par son président Audu Amba et le secrétaire général Clinton Ikpitibo, a appelé le gouvernement fédéral à engager des négociations pour obtenir la libération des otages. La principale d’un des établissements touchés a relayé cette demande dans une vidéo filmée en captivité le 27 mai : «Nous sommes en train de vous supplier. Vous n’avez pas besoin de la force, il vous suffit de négocier avec eux pour nous libérer.»

Délégation fédérale et déploiement sécuritaire

Tinubu a qualifié l’acte de «barbare» dans un communiqué publié le 18 mai par son conseiller spécial à l’information, Bayo Onanuga, présenté ses condoléances à la famille d’Oyedokun et assuré que «son sacrifice ne serait pas oublié». Le 31 mai, une délégation fédérale conduite par le chef de cabinet Femi Gbajabiamila, accompagné du conseiller à la sécurité nationale Nuhu Ribadu, du ministre de la Défense Christopher Musa et du chef de la police nationale Tunji Disu, s’est rendue dans les communautés d’Esiele et de Yawota.

Tinubu a approuvé le recrutement de 1 000 gardes forestiers pour surveiller les zones boisées utilisées comme voies de fuite par les ravisseurs, et transmis la demande des élus locaux d’installation d’une base militaire permanente dans la région. Le gouverneur d’Oyo, Seyi Makinde, a confirmé que les opérations de secours se poursuivaient, avec le déploiement conjoint de soldats, de policiers et de membres de la vigilance locale. Aucune date de libération des otages n’a été communiquée.

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