Sept décennies après son adhésion à l’Alliance, la Turquie revendique un rang parmi les toutes premières puissances militaires de l’OTAN. Recep Tayyip Erdogan a déclaré, le 15 juin devant le groupe parlementaire de son parti, l’AKP, que son pays dirige actuellement « la deuxième plus grande armée de terre de l’OTAN », selon les propos rapportés par la presse turque. Cette déclaration intervient à quelques semaines du sommet des chefs d’État de l’Alliance, prévu à Ankara les 7 et 8 juillet.
Une revendication appuyée sur le poids militaire turc
Le chiffre n’est pas nouveau dans le discours présidentiel turc, mais il prend un relief particulier à l’approche d’un sommet que la Turquie organise pour la première fois depuis son adhésion à l’Alliance en 1952. Erdogan a également affirmé que son pays figure parmi les cinq membres de l’OTAN apportant la contribution la plus importante aux missions et opérations de l’organisation, en lien avec les engagements pris lors du sommet de La Haye en 2025 sur la hausse des dépenses de défense.
La taille des forces terrestres turques, l’une des plus importantes de l’Alliance après celle des États-Unis, s’accompagne d’une montée en puissance de l’industrie de défense nationale. Ankara a développé ces dernières années une production domestique de drones, de missiles et de systèmes de défense aérienne, citée à plusieurs reprises par les autorités turques comme un argument pour peser davantage dans les décisions stratégiques de l’Alliance.
Un discours répété à l’approche du sommet d’Istanbul
Quelques jours après cette intervention, un sommet parlementaire de l’OTAN s’est tenu à Istanbul les 28 et 29 juin, réunissant les présidents de vingt parlements membres ainsi que le président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, Marcos Perestrello. Erdogan y a pris la parole lors d’un dîner officiel au palais de Dolmabahçe, sans toutefois reformuler littéralement la comparaison sur l’armée de terre. Il y a en revanche réclamé « l’intégration de la Turquie aux structures de défense européennes » et la suppression des obstacles commerciaux frappant son industrie d’armement, notamment son exclusion du programme européen SAFE.
Le ministre turc de la Défense, Yaşar Güler, avait de son côté qualifié la Turquie de deuxième puissance militaire de l’Alliance lors d’une réunion à Bruxelles, soulignant la contribution turque à la formation, aux exercices et aux opérations de commandement de l’OTAN. Il avait précisé que la Turquie se prépare à prendre le commandement de la Force de réaction alliée.
Cette insistance turque sur son poids militaire reflète une négociation sur la place du pays dans l’architecture de sécurité européenne, dont Ankara a été exclue de plusieurs initiatives de financement malgré son statut de membre de l’Alliance depuis plus de sept décennies.
Le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’OTAN à Ankara, les 7 et 8 juillet, devrait permettre à la Turquie de porter formellement ces revendications devant l’ensemble des dirigeants alliés, en présence du président américain Donald Trump.
