Platini attaque Infantino en justice et réclame réparation à la FIFA pour son éviction de 2015

Michel Platini a saisi la justice française, lundi 8 juin, en déposant une plainte contre le président de la FIFA, Gianni Infantino, qu’il accuse de « dénonciation calomnieuse » et de « trafic d’influence ». L’ancien meneur des Bleus met également en cause deux anciens responsables de l’instance mondiale : Marco Villiger, ex-directeur juridique, et Domenico Scala, ancien président de la commission d’audit. En se constituant partie civile, Platini obtient automatiquement la désignation d’un juge d’instruction chargé d’enquêter sur l’affaire.

La démarche prolonge une procédure initiée en 2021 et classée sans suite en octobre dernier. Cette fois, Platini franchit un palier supplémentaire en engageant simultanément une action civile en responsabilité contre la FIFA, pour obtenir réparation des préjudices liés, selon lui, aux « manœuvres utilisées pour l’empêcher d’être élu président de la FIFA en 2015 ».

Un acquittement définitif comme point de départ

L’affaire remonte à 2015, lorsqu’un paiement de deux millions de francs suisses versé par l’ex-président de la FIFA Sepp Blatter à Platini — au titre d’une prestation de conseil effectuée entre 1999 et 2002 — est qualifié de « déloyal » par le comité d’éthique de l’organisation. Suspendu puis définitivement écarté du football institutionnel, Platini renonce à toute candidature à la présidence de la FIFA. C’est Infantino, alors secrétaire général de l’UEFA et son bras droit, qui remporte l’élection de 2016.

En août 2025, le Tribunal fédéral suisse a prononcé l’acquittement définitif de Platini dans ce dossier. Cet aboutissement judiciaire a visiblement libéré la voie à une contre-offensive. « Je ne vais pas lâcher les gens qui m’ont fait du mal », déclarait-il en mars dernier sur RMC.

La FIFA visée dans son fonctionnement interne

Platini soutient qu’Infantino, Villiger et Scala ont « œuvré pour l’écarter de la course à la présidence » par des « accusations totalement infondées ». La plainte avec constitution de partie civile contraint le parquet français à ouvrir une information judiciaire, transférant ainsi l’initiative à un juge d’instruction indépendant.

La procédure civile engagée en parallèle contre la FIFA vise quant à elle à chiffrer et obtenir réparation de l’ensemble des préjudices subis. Aucun calendrier officiel n’a été communiqué pour ces deux procédures, dont l’instruction devrait s’ouvrir dans les semaines à venir.

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