Trois jours après un G7 marqué par la pression américaine sur Moscou, Vladimir Poutine affirme rester disponible pour négocier la fin de la guerre en Ukraine, mais reporte la reprise des échanges concrets à l’issue du dossier iranien. Le président russe s’est exprimé dimanche dans une interview accordée au journaliste Pavel Zaroubine, diffusée par le Kremlin sur la chaîne Telegram de ce dernier.
Interrogé sur l’état des relations russo-américaines après le sommet du G7 organisé en France, où Donald Trump avait jugé que la Russie devait « conclure un accord » avec Kiev, Poutine a répondu en deux temps. Il a d’abord indiqué attendre que « la phase chaude » liée à l’Iran soit achevée avant de recevoir les émissaires américains déjà reçus à Moscou. Il a ensuite ajouté : « Nous sommes prêts à poursuivre les négociations et la discussion de tous les détails.«
Une diplomatie suspendue au calendrier iranien
Le chef de l’État russe avait déjà estimé début juin que l’attention de Washington s’était détournée du dossier ukrainien depuis le déclenchement des opérations américaines contre l’Iran. Cette nouvelle déclaration confirme que Moscou conditionne, dans les faits, la reprise des pourparlers à la disponibilité diplomatique américaine plutôt qu’à un blocage de fond sur l’Ukraine elle-même.
Les représentants de l’administration américaine cités par Poutine renvoient à Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump pour l’Ukraine, et à Jared Kushner, gendre du président américain. Les deux hommes s’étaient rendus au Kremlin à plusieurs reprises depuis le début de l’année, dont une septième visite en janvier consacrée à la question des territoires de l’est ukrainien revendiqués par la Russie.
Un terrain de négociation déjà balisé
Les discussions entre Moscou, Washington et Kiev avaient notamment progressé lors de rencontres à Davos et Miami, où la délégation ukrainienne avait évoqué un accord avancé à « 90% » sur les garanties de sécurité, selon Witkoff. Les points de blocage identifiés jusqu’ici portent sur l’exigence russe d’un retrait total des troupes ukrainiennes du Donbass et sur l’engagement de Kiev à ne pas adhérer à l’OTAN. Des négociations directes russo-ukrainiennes avaient également eu lieu à Istanbul à plusieurs reprises en 2025.
Poutine s’est par ailleurs exprimé dimanche sur la situation intérieure russe, reconnaissant une pénurie de carburant « non critique » liée aux frappes ukrainiennes répétées sur les raffineries et infrastructures pétrolières du pays, et promettant de renforcer les moyens de défense antiaérienne. Aucune date n’a été communiquée par le Kremlin pour la prochaine rencontre entre Poutine et les émissaires américains, celle-ci restant subordonnée à l’avancée du dossier iranien entre Washington et Téhéran.
