Deux jours seulement après l’annonce d’un cadre de paix entre Israël et le Liban, Washington répond par les armes à une nouvelle provocation iranienne dans le Golfe. Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a confirmé vendredi avoir frappé des installations militaires iraniennes, en représailles à une attaque de drones contre un navire marchand dans le détroit d’Ormuz. Donald Trump a justifié cette riposte par une « violation stupide » du cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 juin.
Un cargo singapourien visé par quatre drones
L’origine de l’escalade remonte à jeudi. Selon l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO, un porte-conteneurs a été touché par un projectile non identifié au moment de franchir la sortie sud du détroit, à proximité des eaux omanaises. La société Vanguard Tech a identifié le navire comme étant l’Ever Lovely, battant pavillon de Singapour et appartenant à l’armateur taïwanais Evergreen Marine.
Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a précisé que les forces iraniennes avaient lancé au moins quatre drones d’attaque contre des bâtiments transitant par le détroit. L’un d’eux aurait frappé le pont supérieur du cargo, tandis que trois autres auraient été interceptés. Dans un communiqué transmis à la bourse de Taipei, Evergreen Marine a indiqué que seules les vitres de la passerelle avaient été endommagées, sans aucun blessé, et que le navire avait pu poursuivre sa route, moteur et équipements de navigation intacts.
Des frappes ciblées sur les capacités de drones et de radars
Les forces américaines ont visé vendredi des sites de stockage de missiles et de drones ainsi que des installations radar côtières iraniennes. Le CENTCOM a qualifié l’attaque contre le navire commercial d' »agression injustifiée » compromettant la liberté de navigation dans ce corridor par lequel transitait, avant la guerre, environ 20 % des hydrocarbures mondiaux. Un responsable américain a indiqué que l’opération de représailles avait duré environ une heure et qu’aucune autre frappe n’était prévue dans l’immédiat.
Ce nouvel accrochage intervient alors que le mémorandum signé le 17 juin au château de Versailles, à l’issue du sommet du G7, prévoyait justement la réouverture du détroit et le libre passage des navires commerciaux pendant 60 jours, sans frais pour les armateurs. Cette clause avait déjà été suspendue le 20 juin, lorsque l’Iran avait temporairement refermé la voie maritime en réponse à des frappes israéliennes au Liban, avant qu’un accord-cadre entre Tel-Aviv et Beyrouth, annoncé mercredi par le secrétaire d’État Marco Rubio, ne permette une accalmie sur ce front.
L’évacuation de centaines de navires interrompue
L’Organisation maritime internationale a suspendu son plan d’évacuation, qui avait permis depuis mardi à 115 bâtiments et 2 500 marins de quitter le Golfe. Plus de 600 navires restent immobilisés dans la zone depuis le déclenchement du conflit le 28 février, lorsque des frappes conjointes américano-israéliennes avaient visé l’Iran et entraîné la mort du Guide suprême Ali Khamenei.
Du côté iranien, l’autorité chargée de la gestion du détroit, la Persian Gulf Strait Authority, a averti que tout passage hors des routes qu’elle autorise ne bénéficierait d’aucune garantie de sécurité ni de couverture d’assurance. Un négociateur iranien cité par Iran International, Hossein Ghorbanzadeh, a par ailleurs indiqué que Téhéran comptait reprendre la facturation du passage des navires une fois expirée la période de suspension de 60 jours, arguant qu’un transit gratuit n’aurait « aucun sens » en droit international.
Une réunion technique entre délégations américaine et iranienne est programmée les 29 et 30 juin en Suisse, selon Marco Rubio, qui a écarté tout accord conclu *à n’importe quel prix* face au risque de voir Téhéran imposer des péages dans le détroit.



