Le fragile cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, signé il y a à peine dix jours, vole déjà en éclats dans le détroit d’Ormuz. Samedi, l’armée américaine a frappé dix sites militaires iraniens, une riposte annoncée par CENTCOM après qu’un drone iranien a touché un pétrolier transitant dans la zone — la deuxième attaque du genre contre un navire commercial en moins de 48 heures.
CENTCOM, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, a confirmé l’opération dans un communiqué, précisant que des chasseurs de la Navy et de l’Air Force avaient visé des installations liées à la surveillance, aux communications, à la défense aérienne, au stockage de drones et aux capacités de mouillage de mines iraniennes.
Un pétrolier touché pour la deuxième fois en deux jours
Le pétrolier M/T Kiku, battant pavillon panaméen et transportant plus de deux millions de barils de pétrole brut, a été frappé vers 4h30 du matin (heure de la côte Est américaine) par un drone à sens unique iranien alors qu’il transitait près du détroit. Selon CENTCOM, cette attaque survient un jour seulement après une première série de frappes américaines, déjà menée en réponse à une attaque par drone contre le navire M/V Ever Lovely, le 25 juin. « Iran was given a chance to honor the ceasefire agreement but elected not to, » a déclaré CENTCOM dans son communiqué.
L’accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, conclu le 17 juin via un mémorandum d’entente, prévoyait notamment une période de 60 jours durant laquelle l’Iran devait garantir la libre circulation du trafic commercial dans le détroit. Le texte laissait toutefois planer une ambiguïté sur les modalités de coordination avec les autorités iraniennes pour les navires transitant par les eaux omanaises, point de friction qui alimente aujourd’hui les accusations croisées de violation du cessez-le-feu.
Bahreïn également visé, Téhéran revendique des frappes
Le Bahreïn, qui héberge une base militaire américaine, a fait état samedi de sirènes d’alerte aérienne activées sur son territoire après avoir accusé l’Iran d’avoir mené des attaques de drones contre son sol. Les Gardiens de la révolution iraniens ont pour leur part revendiqué des frappes contre des positions militaires américaines dans la région, sans qu’aucun bilan matériel ne soit confirmé côté américain.
Le président Donald Trump, qui avait qualifié vendredi l’attaque du Ever Lovely de violation du cessez-le-feu, a averti samedi que les États-Unis pourraient intensifier leur action militaire contre l’Iran. Du côté iranien, Ebrahim Azizi, président de la commission de sécurité nationale du Parlement, a rejeté cette qualification, affirmant que le détroit d’Ormuz relevait de la souveraineté iranienne.
Les autorités maritimes britanniques (UKMTO) ont par ailleurs signalé un projectile non identifié ayant frappé un navire commercial près des côtes omanaises, sans faire de victime parmi l’équipage.
Le trafic commercial continue de transiter par le détroit d’Ormuz, selon CENTCOM, qui maintient son soutien militaire à la libre circulation maritime dans cette voie stratégique par laquelle passe une part substantielle du pétrole mondial transporté par voie maritime.



