Le département américain de la Défense a approuvé en avril 2026 une nouvelle version de sa doctrine de ciblage militaire, ouvrant la voie à une utilisation plus importante de l’intelligence artificielle dans la désignation des cibles. Selon des documents internes consultés par l’agence Bloomberg, cette évolution conserve toutefois le principe d’un contrôle humain sur les décisions d’engagement.
Le Pentagone a discrètement adopté une version révisée de sa doctrine de ciblage, connue sous le nom de « Joint Targeting », a rapporté l’agence Bloomberg. Ce document interne, approuvé en avril 2026 mais non publié officiellement, prévoit que l’intelligence artificielle puisse jouer un rôle plus important dans le processus d’identification et de traitement des cibles militaires.
La nouvelle doctrine décrit une évolution des procédures actuelles. Alors que les règles en vigueur reposent sur un schéma où un opérateur humain initie chaque action, le texte envisage des systèmes dans lesquels l’intelligence artificielle pourrait lancer certaines étapes du processus sous la supervision d’un responsable humain.
Une doctrine adaptée aux évolutions technologiques
Interrogé par Bloomberg, un représentant du comité des chefs d’état-major des forces armées américaines a indiqué que cette révision est le résultat d’un travail engagé depuis plusieurs années. Selon lui, le document intègre les enseignements tirés de différentes opérations militaires et tient compte des progrès réalisés dans le domaine de l’intelligence artificielle.
La doctrine estime que ces technologies pourraient contribuer à accélérer le cycle de traitement des informations et la préparation des opérations, tout en maintenant une chaîne de décision placée sous l’autorité du commandement militaire.
Le Pentagone maintient le contrôle humain
Un responsable du département américain de la Défense a assuré à Bloomberg que les outils d’intelligence artificielle employés par le Pentagone « ne sélectionnent pas et ne frappent pas des cibles de manière autonome ». Les décisions relatives à l’emploi de la force continuent d’être prises par des responsables militaires, qui conservent le contrôle de chaque engagement.
Cette évolution intervient après le lancement, en mars 2025, du projet Thunderforge, destiné à intégrer davantage l’intelligence artificielle dans la planification militaire. Ce programme combine les données du renseignement et des capteurs du champ de bataille afin d’accélérer l’analyse des informations et d’aider les commandants dans leur prise de décision, sans leur retirer l’autorité finale sur l’utilisation des armes.
Le Pentagone n’a pas rendu publique cette nouvelle doctrine de ciblage. Les changements révélés par Bloomberg devraient néanmoins guider l’intégration progressive de nouvelles capacités d’intelligence artificielle dans les procédures opérationnelles des forces armées américaines, sous supervision humaine.



