Affaire CEA au Bénin : 5 ans de prison requis contre un pasteur

Le dossier de la plateforme de placement d’argent en ligne CEA franchit une nouvelle étape judiciaire au Bénin. Devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), le parquet spécial a requis, le lundi 29 juin 2026, une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont trois ans fermes, contre un pasteur poursuivi pour escroquerie via internet. Les informations rapportées par Libre Express indiquent que le prévenu conteste toute implication et se présente lui-même comme une victime.

À l’audience, le ministère public a soutenu que le prévenu serait à l’origine de la plateforme CEA, qui proposait des placements financiers en ligne. D’après les réquisitions, son numéro de téléphone aurait servi à inviter plusieurs personnes à rejoindre le système d’investissement.

Toujours selon le parquet spécial, l’enquête menée par les services de police a conduit jusqu’au pasteur après la disparition de la plateforme CEA. Les investigations auraient également révélé que quelques jours après cette disparition, une nouvelle plateforme d’investissement aurait été mise en ligne.

Le prévenu, interpellé à Ouidah alors qu’il se trouvait en plein culte, a rejeté les accusations portées contre lui. À la barre, il a plaidé non coupable, affirmant qu’il avait lui aussi subi un préjudice dans cette affaire.

Estimant les faits constitués, le représentant du procureur spécial a demandé à la juridiction de retenir le chef d’escroquerie via internet. Il a requis une peine de cinq ans de prison, dont trois ans fermes, ainsi qu’une amende de deux millions de francs CFA.

Le ministère public a également sollicité que la constitution de partie civile d’une victime soit déclarée recevable et que le prévenu soit condamné à lui verser deux millions de francs CFA. Les intérêts civils ont, pour leur part, été réservés.

La défense conteste les éléments de l’accusation

Assurant la défense du pasteur, Me Hugo Koukpolou a demandé la relaxe pure et simple de son client. L’avocat a soutenu que les conclusions de l’expertise informatique ne permettraient pas d’établir avec certitude que le prévenu est l’auteur des faits poursuivis.

Selon la défense, le dossier ne contiendrait pas de preuves techniques suffisantes pour relier directement le pasteur à la gestion de la plateforme. « Mon client est aussi une victime dans ce dossier », a fait valoir l’avocat, d’après le compte rendu de Libre Express.

Une plateforme disparue après des promesses de gains rapides

L’affaire trouve son origine dans les difficultés rencontrées par les utilisateurs de CEA à partir de novembre 2025. De nombreux abonnés avaient alors signalé l’impossibilité d’effectuer des retraits ou des opérations sur la plateforme, avant sa disparition.

Pour attirer de nouveaux membres, CEA promettait des revenus générés par le visionnage de vidéos et diffusait des messages vantant des perspectives d’enrichissement rapide. Plusieurs internautes avaient investi des sommes allant de 10 000 francs CFA à plusieurs centaines de milliers de francs, dans l’espoir d’obtenir des rendements.

Le modèle présenté par la plateforme reposait sur des promesses de gains élevées, un mécanisme qui rappelle les mises en garde régulièrement formulées par les autorités contre les offres d’investissement non autorisées. Au Bénin, les activités de collecte d’épargne et d’investissement sont encadrées par la réglementation financière en vigueur et nécessitent des autorisations spécifiques. À l’issue des débats, la CRIET a renvoyé son délibéré au 27 juillet 2026, date à laquelle elle rendra sa décision sur les poursuites engagées contre le pasteur.

Laisser un commentaire