Bénin : 28 Afro-descendants venus des États-Unis et d'Haïti obtiennent la nationalité

Vingt-huit personnes originaires des États-Unis, d’Haïti et d’autres pays disposent désormais officiellement de la nationalité béninoise. Le Ministère de la Justice et de la Législation leur a remis leurs attestations le jeudi 30 juillet 2026, au Complexe judiciaire de Cotonou.

Une cérémonie sous haute présence institutionnelle

La remise des documents s’est tenue en présence du Garde des Sceaux, Yvon Détchenou, ainsi que de la Ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet. Plusieurs personnalités politico-administratives ont également assisté à l’événement. Parmi les récipiendaires figure God Win Louis, originaire d’Haïti, dont les ancêtres sont liés aux localités de Sakété et d’Allada. Il visite le pays depuis une décennie et affirme désormais se sentir encore plus Béninois. Un autre bénéficiaire, l’Américain Fresner Delva, considère cette reconnaissance comme une réparation d’une injustice historique.

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La Conseillère technique du ministre de la Justice, Rose-Marie Sossa, a précisé que ce statut permet une participation à la vie civique et rend possible la transmission de la nationalité aux enfants des nouveaux citoyens. Elle a également rappelé que ce document vous engage envers le Bénin, envers son histoire, ses valeurs, ses lois et ses institutions.

Une mesure engagée depuis 2024

Cette cérémonie s’ajoute à un dispositif lancé par le pays il y a plusieurs années. La loi n°2024-31 du 2 septembre 2024, modifiée par la loi 2025-11 du 1er juillet 2025, encadre la reconnaissance de la nationalité béninoise aux personnes descendant d’un ancêtre africain subsaharien déporté durant la traite négrière. Les candidats doivent apporter la preuve de cette ascendance, par des documents d’état civil, des témoignages authentifiés ou un test ADN réalisé auprès d’une structure agréée.

Une plateforme dédiée, myafroorigins.bj, centralise les démarches. Avant cette cérémonie, deux autres remises avaient déjà eu lieu : trois attestations délivrées en juillet 2025, puis vingt-deux autres en mai 2026 lors d’une cérémonie à Ouidah, ville qui accueille depuis 2019 le Musée international de la mémoire et de l’esclavage.

Une date choisie en lien avec la lutte contre la traite

Selon Rose-Marie Sossa, le choix du 30 juillet n’est pas anodin : cette date correspond à la Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains. Elle a qualifié la remise d’attestations de démarche liée à la mémoire, la résilience et l’avenir. Les nouveaux citoyens rejoignent une diaspora afro-descendante que les autorités béninoises cherchent à rapprocher du pays depuis plusieurs années, à travers des partenariats culturels et universitaires ainsi que des initiatives mémorielles.

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