De fortes précipitations ont frappé les communes de Tanguiéta, Matéri et Cobly et leurs environs entre le mardi 28 et le jeudi 30 juillet, plongeant plusieurs localités du département de l’Atacora dans une situation de détresse absolue. Selon les informations relayées par la radio rurale locale de Tanguiéta et d’autres sources proches des localités concernées, les pluies torrentielles, qui ont débuté aux alentours de minuit mardi pour ne prendre fin qu’en milieu de matinée mercredi, ont provoqué des crues soudaines et des inondations dévastatrices, en particulier dans plusieurs villages.
À N’Dahonta, l’intensité exceptionnelle des averses a pris de court les populations locales. Dès les premières heures de la matinée du mercredi 29 juillet, les eaux ont envahi des dizaines de concessions. Des familles entières ont vu leurs habitations submergées en l’espace de quelques heures, selon des informations rapportées par la radio rurale locale de Tanguiéta. Si l’ampleur exacte des dégâts matériels reste encore à chiffrer, les pertes seraient déjà lourdes pour les ménages touchés : réserves alimentaires détruites, équipements domestiques noyés et biens personnels emportés par le courant.
Le réseau routier serait fortement dégradé, coupant l’arrondissement du reste du département. La route reliant N’Dahonta à la commune voisine de Cobly serait entièrement submergée par endroits, rendant tout passage impossible. Plus critique encore, le pont reliant N’Dahonta à Cobly a été totalement recouvert par les flots. Le niveau de la crue ayant dépassé la hauteur de l’ouvrage, toute traversée est devenue extrêmement dangereuse, isolant temporairement plusieurs communautés et paralysant l’acheminement des vivres ainsi que des services d’urgence. Sur place, voyageurs et conducteurs n’ont eu d’autre choix que de rebrousser chemin ou d’attendre l’amorce d’une décrue, rapporte la même source.
La zone de la Pendjari lourdement impactée
Si le centre-ville de Tanguiéta est resté relativement épargné et calme, la périphérie et la zone riveraine de la réserve de la Pendjari paient un lourd tribut. Outre le pont de N’Dahonta, la radio rurale locale rapporte que l’ouvrage de Tanongou se retrouve lui aussi complètement sous l’eau.
La situation est tout aussi préoccupante du côté de Batia, où le pont franchissant le cours d’eau — déjà fragilisé et endommagé par des intempéries survenues quelques semaines plus tôt — a subi de nouveaux dégâts structurels sous la pression de la crue. La commune de Toucoutouna est aussi touchée par la montée des eaux, sans oublier la commune de Matéri. Ici le pont de Koutoukouantiga situé entre Tchanhoun Cossi et Koutoukouantiga est sans issue. Cette rupture successive des points de franchissement stratégiques fragilise encore davantage la vie locale, qui repose sur l’agriculture et le transit transfrontalier.
Urgence humanitaire et appel aux secours
Face à la menace de nouvelles averses, l’inquiétude grandit parmi les sinistrés. Les résidents exhortent les autorités locales et gouvernementales à déployer promptement des secours d’urgence, à sécuriser les périmètres à risque et à porter assistance aux familles ayant tout perdu. Dans les rangs des usagers et des riverains, une revendication majeure refait surface : l’accélération des travaux d’aménagement de l’axe routier Tanguiéta-Cobly. Pour les habitants, la modernisation et l’élévation des ouvrages d’art sur ce tronçon névralgique restent la seule solution durable pour prévenir la répétition de tels drames à chaque saison des pluies. Les secours et les représentants municipaux sont attendus sur le terrain pour procéder à l’évaluation précise des sinistres et coordonner la réponse humanitaire.



