Les réalisations du projet DELTA MONO ont été présentées ce mercredi 22 juillet 2026 à Djakotomey aux ambassadeurs de l’Équipe Europe, en déplacement dans le département du Couffo. Cette visite de terrain a permis à la délégation de découvrir les actions menées en faveur de la transition agroécologique et de la protection de la réserve de biosphère du Mono.
Après une étape à la mairie de Djakotomey, les diplomates se sont rendus sur plusieurs sites soutenus par le projet, où ils ont rencontré des bénéficiaires et échangé avec les acteurs impliqués dans sa mise en œuvre.
Une coopération axée sur l’agroécologie
Accueillant la délégation, le maire de Djakotomey, Ulrich Sokègbé, a salué un partenariat qui accompagne plusieurs initiatives de développement communal. Il a remercié l’Union européenne, ses États membres, Enabel et les autres partenaires techniques pour leur soutien au Plan de développement communal, au Plan communal de développement agricole ainsi qu’aux producteurs engagés dans l’agroécologie. Selon lui, ces interventions renforcent la résilience des populations et améliorent durablement leurs conditions de vie.
Chef de la délégation, Stéphane Mund, ambassadeur de l’Union européenne au Bénin, a rappelé que ces missions permettent aux représentants européens de suivre les projets sur le terrain et de renforcer la coordination entre les partenaires de l’Équipe Europe. Il a expliqué que le projet DELTA MONO est financé conjointement par l’Union européenne et le Grand-Duché de Luxembourg et mis en œuvre par Enabel. Son objectif consiste à préserver les écosystèmes de la réserve transfrontalière du Delta du Mono tout en développant des pratiques agricoles durables. « Nous formons une excellente synergie », a-t-il déclaré.
Des femmes et des producteurs au cœur des visites
La première étape de la visite a conduit les ambassadeurs auprès d’un réseau de femmes de Djakotomey spécialisé dans la fabrication et la distribution de fertilisants organiques. Créée en 2024, cette initiative intervient aussi dans le mentorat et l’assainissement des espaces publics. Les bénéficiaires ont présenté leurs activités, qui vont de la production d’intrants biologiques à la commercialisation de produits agroécologiques. Grâce au projet, elles ont bénéficié de formations en techniques agroécologiques, en fabrication de fertilisants et en marketing. Elles souhaitent désormais accroître les superficies cultivées, développer de nouveaux débouchés commerciaux et ouvrir un point de vente dédié.
On retient également qu’un maraîcher du nom de Rodolphe Noumonvi est engagé dans une production biologique certifiée sous le label SPG. Son exploitation produit plusieurs cultures maraîchères sur environ 800 m² et fabrique également des fertilisants organiques à base de plantes locales. Le projet accompagne cette exploitation dans la certification, le développement des marchés, le fonctionnement d’une AMAP et le renforcement des capacités techniques. Parmi les perspectives figurent la création d’un point d’eau, l’installation d’un système d’irrigation et l’extension du site.
Près de 4 000 bénéficiaires directs
Les responsables du projet ont présenté plusieurs résultats enregistrés depuis son lancement. DELTA MONO couvre 57 villages et hameaux de la réserve de biosphère du Mono. Financé à hauteur de 9 millions d’euros, dont 6 millions de l’Union européenne et 3 millions de la Coopération luxembourgeoise, il est mis en œuvre sur la période 2023-2026.
Selon les données communiquées, 3 956 bénéficiaires directs sont accompagnés, dont 2 252 producteurs engagés dans la transition agroécologique. Le projet soutient également 2 316 entreprises et acteurs économiques, a permis la création de 217 emplois décents en 2025 et a facilité la mobilisation de 43,26 millions de FCFA au profit de 39 PME ou coopératives. Les responsables ont indiqué que le score de performance agroécologique est passé de 37 % en 2023 à 54 % en 2025, tandis que sept AMAP regroupant 147 acteurs, dont 118 femmes, sont désormais opérationnelles.


