L’intégration de l’approche transformatrice de genre dans les politiques de santé franchit une nouvelle étape au Bénin. Les travaux d’un atelier de renforcement des capacités ont été lancés le lundi 29 juin 2026 à l’Hôtel du Lac, sous l’impulsion de Speak Up Africa, de l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO) et du Ministère de la Santé. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme SAGE (Sustaining Action for Gender Equality), soutenu par la Fondation Gates.
L’atelier réunit des représentants de la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant (DSME), du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) et de la Cellule Genre de la Direction de la Programmation et de l’Administration des Finances (DPAF). Pendant cinq jours, les participants renforceront leurs compétences afin d’intégrer de manière plus systématique les principes d’équité et d’inclusion dans leurs programmes et leurs pratiques institutionnelles.
Experte genre à Speak Up Africa, Seynabou Sy Ndiaye a rappelé que cette formation fait suite à une mission conduite au Bénin en février 2026. Cette première étape avait permis de réaliser un diagnostic participatif avec plusieurs organisations de la Société civile ainsi que les trois structures du ministère concernées, avant l’élaboration de plans d’action adaptés à chacune d’elles.
Selon elle, le principal besoin exprimé par les participants concernait le renforcement des capacités techniques. Les sessions ouvertes cette semaine visent ainsi à accompagner la mise en œuvre des plans d’action élaborés lors du diagnostic et à inscrire durablement la prise en compte des besoins des femmes et des filles dans les politiques publiques.
« Nous allons continuer à travailler avec les organisations de la Société civile et les départements gouvernementaux pour accompagner la mise en œuvre des plans d’action qui ont été élaborés », a indiqué l’experte.
Mettre l’accent sur des applications concrètes
Présidant l’ouverture des travaux, le Dr Thierry Lawalé, directeur de la Santé de la Mère, de l’Enfant et des Soins obstétricaux au Ministère de la Santé, a qualifié cette initiative d’opportunité pour les structures bénéficiaires. Il a toutefois invité les participants à privilégier les résultats concrets plutôt que les débats théoriques autour des concepts liés au genre.
Le responsable a notamment cité les progrès déjà enregistrés dans certains programmes sanitaires, notamment la désagrégation des données par sexe et par tranche d’âge ainsi que le suivi de la couverture vaccinale des filles et des garçons. Il a encouragé les équipes à aller plus loin dans l’identification d’actions spécifiques permettant d’améliorer l’équité dans les interventions sanitaires.
Au-delà des échanges conceptuels, les travaux doivent permettre d’actualiser les plans d’action élaborés en février et de définir des mécanismes de suivi adaptés aux réalités des différentes structures.
Des objectifs étalés jusqu’en 2027
D’après les responsables, le programme SAGE vise à institutionnaliser durablement l’approche transformatrice d’équité et d’inclusion dans les politiques publiques, les programmes de santé et les interventions des organisations de la Société civile en Afrique de l’Ouest et du Centre. Au Bénin, le rapport issu de la mission de diagnostic a identifié des besoins principalement techniques et organisationnels plutôt que politiques.
La formation prévoit notamment des modules consacrés à l’analyse des programmes de santé sous l’angle du genre, à la budgétisation sensible au genre, au suivi-évaluation, à la communication institutionnelle ainsi qu’à la mobilisation des ressources. Les participants devront également élaborer des plans d’action individuels afin de diffuser les acquis au sein de leurs structures.
Les travaux se poursuivront jusqu’au 3 juillet 2026. Ils constituent la première phase de l’accompagnement prévu entre avril 2026 et septembre 2027 pour soutenir la mise en œuvre des plans d’action élaborés par les structures partenaires du programme SAGE au Bénin.
