Bénin : lancement du projet régional contre les Pesticides Hautement Dangereux (PHD)

La réduction des pesticides Hautement Dangereux (PHD) entre dans une nouvelle phase au Bénin. Les autorités béninoises, des partenaires techniques, des organisations de la société civile, des ONG et des acteurs du secteur privé ont officiellement lancé, le 30 juin 2026 à Cotonou, le volet national du Projet régional d’élimination des Pesticides Hautement Dangereux (PHD) et de promotion des alternatives agroécologiques durables en Afrique de l’Ouest.

L’initiative est coordonnée au niveau régional par Pesticide Action Network (PAN) Africa et mise en œuvre au Bénin par Larcass Bénin. Elle bénéficie de l’appui financier du Cadre mondial sur les produits chimiques (Global Framework on Chemicals – GFC). Le projet réunit quatre pays : le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée et le Sénégal.

Un projet régional soutenu par des partenaires internationaux

La chargée du projet, Dr Sounkoura Sidibé Adetonah, a rappelé que cette initiative s’inscrit dans un programme régional validé dans le cadre du Global Framework on Chemicals (GFC). Elle a précisé que la coordination régionale est assurée par PAN Africa, basé au Sénégal. Selon elle, le projet poursuit un objectif clair : accompagner l’élimination progressive des pesticides hautement dangereux au profit de solutions plus respectueuses de la santé et de l’environnement.

À l’ouverture des travaux, le Directeur exécutif de Larcass Bénin, Dr Ousmane Nafolo Coulibaly, a salué la présence de représentants des ministères de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (MAEP), du Cadre de Vie et des Transports chargé du Développement Durable (MCVT), de la Santé, de la Justice, des Finances (des services des douanes), du Travail, du président de l’association des maraîchers, des ONG et de la société civile.

Il a souligné que cette mobilisation traduit une volonté commune d’accompagner la transition vers des pratiques agricoles moins dépendantes des produits chimiques les plus nocifs. Le responsable a également attiré l’attention sur la circulation de produits phytosanitaires d’origine parfois inconnue sur le marché béninois, notamment en provenance des pays voisins. Selon lui, ces substances peuvent détruire aussi bien les ravageurs que les insectes utiles et les micro-organismes indispensables à la fertilité des sols.

« Ce projet est financé par le Cadre Mondial sur les Produits Chimiques (Global Framework on Chemicals – GFC). Il permettra de promouvoir des techniques et des pratiques qui réduisent la consommation des pesticides dangereux afin de protéger la santé humaine, la santé animale, les ressources aquatiques et les sols », a expliqué Dr Ousmane Nafolo Coulibaly.

Le gouvernement réaffirme ses engagements

Représentant le Ministère du Cadre de vie et des Transports, Dr Donoumassou Siméon Pulchérie, cheffe du Département de la Gestion des Pollutions et Nuisances, a rappelé que le Bénin est partie à plusieurs conventions internationales, notamment celles de Bâle, de Stockholm et de Rotterdam, qui encadrent la gestion des déchets dangereux, des polluants organiques persistants et du commerce des produits chimiques.

Elle a indiqué que le Programme d’Action du Gouvernement (PAG) fait de la lutte contre la pollution chimique une priorité nationale, en cohérence avec les Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment ceux relatifs à la santé et aux modes de consommation et de production responsables.

La représentante du ministère a invité les responsables du projet à assurer une coordination efficace des activités afin que les acquis soient consolidés au-delà de la période de mise en œuvre.

Des alternatives pour préserver les sols et renforcer l’agriculture biologique

Pour Macaire Fabossou, Directeur du Conseil Agricole, des Innovations et de la Formation Entrepreneuriale au Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (DCAIFE/MAEP), la réduction de l’utilisation des pesticides hautement dangereux constitue un enjeu majeur pour la durabilité de l’agriculture béninoise.

Il a expliqué que la dégradation des sols compromet les rendements agricoles et la compétitivité des productions. À ses yeux, le nouveau projet doit permettre aux producteurs d’accéder à des alternatives agroécologiques capables de maîtriser les ravageurs tout en limitant les risques sanitaires et environnementaux.

Les échanges ont également porté sur le Système Participatif de Garantie (SPG), présenté par RENABIO Bénin. Ce mécanisme de certification biologique, développé au Bénin, facilite la production et la commercialisation des produits issus de l’agriculture biologique tout en réduisant les coûts de certification pour les producteurs et en renforçant la confiance des consommateurs.

Le lancement de ce projet ouvre ainsi la phase opérationnelle du volet béninois de cette initiative régionale. Les prochaines étapes seront consacrées au déploiement des activités prévues auprès des producteurs et des différents acteurs engagés dans la promotion d’alternatives agroécologiques durables.

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