Deux journées vont déterminer la capacité de la Côte d’Ivoire à financer la décennie de transformation qu’elle s’est fixée. Les 8 et 9 juillet, le gouvernement ivoirien réunit au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire un Groupe consultatif rassemblant bailleurs bilatéraux, institutions multilatérales et investisseurs privés, avec un objectif chiffré : mobiliser 11 138,2 milliards de FCFA de financements extérieurs pour boucler le Plan national de développement (PND) 2026-2030, selon l’Agence ivoirienne de presse (AIP).
Un plan déjà validé par le Parlement
Le PND 2026-2030 n’est plus un simple projet gouvernemental. Il a été adopté par l’Assemblée nationale le 14 avril 2026, puis par le Sénat le 5 mai, ce qui lui confère une assise législative. Son coût global atteint 114 838,5 milliards de FCFA, soit environ 209 milliards de dollars. Le texte s’articule autour de six axes : la paix et la sécurité, l’agriculture et l’agro-industrie, le développement du secteur privé, le capital humain, les infrastructures stratégiques et la gouvernance.
Ce nouveau cycle succède à trois plans précédents, lancés depuis 2012, qui ont porté la croissance du pays à un rythme annuel moyen de 6,5 % entre 2021 et 2025. Le PND 2026-2030 vise désormais une croissance annuelle de 7,2 %, un taux d’investissement porté à 34,5 % du PIB d’ici 2030, contre 25,4 % en 2026, ainsi qu’un revenu moyen par habitant relevé à environ 4 500 dollars.
Le secteur privé attendu à hauteur de 70 %
La répartition du financement place l’initiative privée au centre du dispositif : 70,2 % de l’enveloppe globale, soit environ 146,7 milliards de dollars, devraient provenir d’investisseurs privés nationaux et internationaux. L’État ivoirien prendrait en charge les 29,8 % restants, environ 62,3 milliards de dollars, financés par le budget national et les marchés financiers régionaux et internationaux.
La somme recherchée lors du Groupe consultatif, 11 138,2 milliards de FCFA, représente une part limitée, inférieure à un dixième, des besoins totaux du plan, le reste devant être couvert par les mécanismes de marché et l’investissement privé direct.
Le gouvernement prépare cette rencontre avec l’appui du Groupe de la Banque mondiale, de l’Union européenne, de la Banque africaine de développement et du Système des Nations unies. Ces partenaires accompagnent la Côte d’Ivoire depuis plusieurs mois dans la structuration du dossier, comme l’illustre un accord de 328 milliards de FCFA signé avec le groupe ABD lors d’un forum consacré au PND à Washington en avril.
Convaincre au-delà des chiffres
La Côte d’Ivoire aborde ce rendez-vous forte d’une décennie de croissance soutenue et d’une multiplication par 2,6 des investissements directs étrangers entre 2021 et 2025. Le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, avait présenté cette rencontre en mai comme une plate-forme stratégique destinée à convaincre les bailleurs bilatéraux et multilatéraux, les investisseurs institutionnels ainsi que le secteur privé national et international. Les résultats concrets du Groupe consultatif, notamment le montant effectivement engagé par les partenaires et les projets structurants retenus en priorité, seront connus à l’issue de la seconde journée, le 9 juillet.
