Un pilier hydroélectrique vieux de plusieurs décennies s’apprête à être remis à neuf grâce à un financement européen d’ampleur. Le Conseil des ministres ivoirien a adopté, le 1er juillet 2026, un décret entérinant une convention de crédit de 130 millions d’euros, soit environ 85,27 milliards de francs CFA, engageant l’Agence française de développement (AFD) auprès de la République de Côte d’Ivoire pour financer le programme WASUNA (Water and Sun Alliance).
Un accord signé en avril, ratifié trois mois plus tard
La convention avait été signée le 2 avril 2026 à Abidjan, en présence du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, du directeur général de l’AFD, Rémy Rioux, ainsi que des ambassadeurs de France et de l’Union européenne. Le texte adopté début juillet par le Conseil des ministres constitue l’étape légale confirmant l’engagement financier pris trois mois plus tôt entre les deux parties.
Ce prêt souverain fait partie d’une enveloppe globale de 410 millions d’euros réunie par plusieurs bailleurs européens sous la bannière Global Gateway de l’Union européenne. Celle-ci y contribue à hauteur de 50 millions d’euros sous forme de subvention, tandis que des accords complémentaires avec la Banque européenne d’investissement et la coopération allemande KfW restent attendus d’ici la fin de l’année 2026.
Six barrages et deux centrales solaires concernés
Le programme WASUNA vise à sécuriser, augmenter et décarboner la production électrique du pays. Il prévoit de rénover six ouvrages hydroélectriques représentant 20 % des capacités de production actuelles : les barrages de Buyo, Taabo, Ayamé 1 et 2, Fayé et Kossou. Deux centrales solaires viendront s’y ajouter, complétées par des systèmes de batteries implantés près des barrages de Soubré et Gribo-Popoli, pour stabiliser le réseau électrique national.
Coulibaly a rappelé que « le secteur de l’énergie constitue un pilier essentiel de la transformation structurelle de l’économie ivoirienne », en lien avec l’objectif gouvernemental de porter la capacité installée du pays à plus de 5 000 mégawatts d’ici 2030, dont une part croissante d’origine renouvelable.
Neuf millions de bénéficiaires visés
Le programme doit permettre à environ neuf millions de personnes d’accéder à une électricité plus fiable. Les infrastructures hydroélectriques rénovées gagneraient plusieurs décennies de fonctionnement supplémentaire selon les documents de financement. Cette économie ouest-africaine exporte actuellement entre 10 et 11 % de sa production électrique vers plusieurs pays voisins et entend consolider ce rôle de hub énergétique régional à travers ce chantier.
Les accords avec la Banque européenne d’investissement et la KfW devraient aboutir avant la fin de l’année 2026, complétant le montage financier des dix projets d’infrastructures prévus par le programme WASUNA.
