Un homme suspecté d’avoir tué un livreur à moto avait recouvré la liberté huit mois avant les faits. S.S., surnommé « Gnaimairai », achevait alors de purger une peine liée à des faits comparables contre des coursiers, selon les éléments communiqués par la police ivoirienne.
Un profil déjà connu de la justice
Le suspect a été interpellé par la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI) Nord dans le cadre de l’enquête sur la mort de Koné Mamadou, livreur pour la plateforme Yango, tué dans la nuit du 5 au 6 juillet à Cocody Les Vallons. D’après les informations recueillies par les enquêteurs, l’homme cumulait plusieurs condamnations antérieures pour des attaques et des vols de deux-roues ciblant ce type de travailleurs. Il n’avait recouvré sa liberté que huit mois avant cette nouvelle affaire.
Le suspect se serait identifié lui-même sur des enregistrements de surveillance figurant parmi les pièces du dossier, présenté par les enquêteurs comme l’auteur des coups de couteau ayant entraîné la mort de la victime. Koné Mamadou, père de deux enfants, exerçait ce métier depuis quatre mois seulement et roulait avec une moto de location pour subvenir aux besoins de sa famille.
Un réseau de recel qui a mené à l’interpellation
L’identification du suspect résulte d’un travail de remontée de filière. Les enquêteurs ont d’abord mis la main sur un receleur, B.K., dit « Kapi ». Selon ses déclarations, il aurait payé 100 000 francs CFA pour la moto volée, somme qu’il aurait ensuite quasiment doublée en la cédant à un second intermédiaire, B.D., pour 180 000 francs CFA. Ce dernier aurait, à son tour, confirmé être passé par ces deux étapes d’acquisition puis de cession du véhicule. Ces éléments ont permis de remonter jusqu’aux auteurs présumés de l’agression, dont T.B., alias « Gazo », qui se serait présenté comme celui ayant piloté l’engin pour le compte du groupe lors de ses différents méfaits.
Un troisième individu, connu sous le pseudonyme P.C., reste activement recherché par les autorités. Les enquêteurs ont saisi plusieurs éléments matériels au cours de l’opération, dont la moto de la victime, un couteau, un arrache-clou et une clé USB contenant des séquences filmées de l’agression.
Une profession exposée à une insécurité croissante
Cette affaire relance les inquiétudes autour des conditions de travail des livreurs à deux-roues à Abidjan, régulièrement ciblés par des agresseurs qui simulent des courses via les applications pour ensuite dépouiller ou attaquer les chauffeurs. Un mode opératoire déjà documenté par la police à plusieurs reprises dans la capitale économique, où des faux clients avaient par exemple délesté un chauffeur Yango de sa recette et de son téléphone lors d’une agression survenue à Anyama en juin 2025.
Yango a réagi à la mort de son coursier partenaire en adressant ses condoléances à sa famille et en assurant avoir transmis aux enquêteurs l’ensemble des informations dont l’entreprise disposait. L’affaire est suivie dans le cadre de l’opération policière Épervier XI, dédiée à la lutte contre le grand banditisme. Les suspects interpellés devront répondre de faits présumés de meurtre, association de malfaiteurs, vol et recel devant la justice.
