FIFA : Infantino défie l'UEFA et maintient son projet d'ouverture de la Coupe du Monde au privé

Le projet de vente de parts de la Coupe du Monde à des investisseurs privés reste d’actualité. La FIFA a confirmé, vendredi 31 juillet, sa décision de poursuivre la création d’une société commerciale ouverte à des capitaux étrangers, malgré la fronde des fédérations européennes et nord-américaines.

L’UEFA avait voté un boycott unanime

Cette annonce intervient au lendemain d’une réunion d’urgence de l’UEFA, jeudi, où les 55 fédérations membres avaient rejeté à l’unanimité l’ouverture du Mondial à des fonds privés. L’instance européenne avait alors averti qu’aucune de ses sélections nationales ne prendrait part aux compétitions organisées par la fédération internationale tant que ce projet resterait sur la table. La Concacaf, qui rassemble 41 fédérations d’Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes, avait suivi le même jour en rejetant elle aussi la proposition. C’est dans ce cadre de tensions ouvertes que Gianni Infantino a choisi de maintenir le cap, refusant tout net recul face aux menaces de retrait.

Une échéance fixée au 19 septembre

Dans un courrier envoyé aux 211 fédérations membres et rapporté par plusieurs médias, le président de la FIFA impose une échéance au 19 septembre pour se prononcer sur le projet. L’UEFA considère ce calendrier comme une forme de pression, dénonçant une méthode fondée sur la crainte plutôt que sur le dialogue. Pour que le projet soit adopté, il devra recueillir au moins 106 voix parmi les 211 fédérations de la FIFA. La FIFA se défend de toute intention marchande : personne n’est en train de vendre le football, affirme l’instance dans son communiqué, précisant qu’une telle hypothèse ne serait jamais envisagée.

La FIFA mise sur des avantages financiers

Pour rallier les fédérations encore hésitantes, la FIFA mise notamment sur d’importantes retombées financières. Les 211 membres pourraient recevoir une prime exceptionnelle de 20 millions de dollars (17,4 millions d’euros) dès le début de 2027. Sur la période 2027-2030, les financements habituels seraient également revus à la hausse, passant de 8 à 20 millions de dollars par fédération. En parallèle, la FIFA affirme vouloir conserver la main sur la nouvelle entité, en gardant la maîtrise de sa gouvernance, des compétitions, du calendrier et des règles qui régissent le football mondial.

À titre de comparaison, la FIFA compte aujourd’hui 211 fédérations membres, soit davantage que les 193 États reconnus par l’Organisation des Nations unies — un chiffre qui montre l’ampleur du bras de fer engagé avec Infantino, dont l’issue dépendra désormais du vote programmé en septembre.

Une consultation promise par la FIFA

Face aux critiques venues d’Europe et des Amériques, l’instance dit vouloir engager une consultation qu’elle qualifie d’ouverte et démocratique. Elle affirme avoir pris acte des inquiétudes exprimées publiquement par l’UEFA et la Concacaf. Reste à savoir si ces garanties suffiront à convaincre les fédérations les plus hostiles au projet avant l’échéance du 19 septembre, au moment où le bras de fer entre Zurich et les instances continentales ne montre pour l’heure aucun signe d’apaisement.

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