Le ministre béninois de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yassine Latoundji, a officiellement installé, ce mardi 14 juillet 2026 à Cotonou, le Comité scientifique national de restitution des biens culturels. Cette instance est chargée de conduire les travaux visant à obtenir de la France la restitution de 35 nouveaux biens culturels, ainsi que des archives conservées dans les collections publiques françaises.
Cette nouvelle étape s’ajoute à un processus engagé depuis plusieurs années entre Cotonou et Paris. En 2021, la France avait restitué 26 œuvres du « Trésor de Béhanzin », saisies par les troupes du général Dodds lors du sac d’Abomey en 1892, en application de la loi n° 2020-1673 du 24 décembre 2020. Un tabouret royal, le Kataklè, était ensuite venu s’y ajouter en mai 2025, après avoir transité par la Finlande. La création du nouveau comité marque le passage à une phase plus large, portant cette fois sur 35 pièces additionnelles.
Une méthode fondée sur le droit et la recherche scientifique
Le président du Comité scientifique national de restitution des biens culturels, Alain Godonou a remercié le chef de l’État et le gouvernement pour la confiance accordée à son équipe. Il s’est dit convaincu que les expertises réunies au sein du comité permettront de mener à bien la mission qui lui est confiée. De son côté, le professeur Kakpo Mahougnon, membre de l’instance, a proposé de rebaptiser le dieu Ogou en Vodun Gou, estimant que cette appellation reflète davantage la terminologie vaudou que la dénomination héritée de la période coloniale. Le Fa-tê de Guèdègbé figure également parmi les œuvres dont le Bénin demande la restitution.
Le ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yassine Latoundji, a souligné que la reconquête du patrimoine culturel béninois repose sur une démarche méthodique. Selon lui, elle s’appuie sur l’expertise scientifique, un cadre juridique solide, le dialogue diplomatique et la coopération internationale, plutôt que sur une logique d’émotion ou de revendication.
Un comité chargé de bâtir le dossier national
Au-delà de la question des 35 biens culturels, le ministre a indiqué que le comité devra également contribuer à une réflexion élargie sur la circulation des œuvres, l’enrichissement des collections nationales, la recherche scientifique et la valorisation du patrimoine béninois. Concrètement, le groupe de travail installé à Cotonou doit élaborer une feuille de route, accompagner la mise en place d’une commission scientifique conjointe franco-béninoise, consolider le dossier national relatif aux 35 biens sollicités et préparer les avis destinés à éclairer les futures décisions de restitution.
Ce dispositif traduit la continuité du cadre partenarial noué avec la France depuis 2020, qui prévoit notamment un accompagnement technique et un transfert d’expertise en matière patrimoniale. Sur le terrain, la capacité d’accueil des œuvres déjà restituées reste toutefois un point de vigilance : les 27 pièces récupérées depuis 2021 sont pour l’instant conservées dans un espace non accessible au public à la présidence de la République, en attendant l’achèvement du Musée des rois et des amazones du Dahomey à Abomey, dont la livraison, initialement prévue en 2025, a été reportée de deux ans en raison de la complexité des études techniques et architecturales du bâtiment.
Le Comité scientifique national de restitution des biens culturels doit désormais engager les travaux préparatoires avec ses homologues français, avant l’ouverture d’échanges formels sur le sort des 35 œuvres et des archives réclamées par le Bénin.