Grâce à l'IA, les États-Unis battent la Chine dans les investissements en électricité fossile

Une rupture inédite marque l’investissement énergétique mondial : les États-Unis s’apprêtent à dépasser la Chine dans les dépenses consacrées aux centrales électriques au charbon et au gaz, une première depuis plusieurs décennies. Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), relayé mercredi par le Financial Times, Washington devrait investir cinquante milliards de dollars dans ces infrastructures cette année, un montant supérieur à celui de Pékin. Ce basculement met fin à une domination chinoise observée depuis le milieu des années 2010 sur les dépenses mondiales liées à la production électrique fossile.

Une progression portée par les centres de données

L’expansion des centres de données sur le territoire américain explique l’essentiel de cette hausse. La demande électrique des États-Unis devrait croître en moyenne de 2 % par an entre 2026 et 2030, ces infrastructures représentant à elles seules la moitié de cette augmentation. Pour y répondre, les opérateurs américains multiplient les projets de centrales au gaz, alors que les prix des turbines connaissent une forte progression. L’AIE relève un triplement des investissements américains dans le gaz électrique en 2025, tendance que l’agence prévoit de voir se poursuivre tout au long de 2026.

L’administration de Donald Trump a par ailleurs réduit les crédits d’impôt destinés aux énergies renouvelables, ce qui a conduit l’AIE à revoir à la baisse ses prévisions concernant les nouvelles capacités éoliennes et solaires. Cette révision renforce le poids relatif du gaz dans le mix d’investissement électrique du pays.

Un repli chinois lié à la conjoncture

Les investissements chinois dans le charbon et le gaz électriques devraient reculer cette année. L’AIE attribue ce recul à des évolutions de politique intérieure ainsi qu’à la hausse des prix du gaz, elle-même liée aux tensions déclenchées par la guerre en Iran. La hausse américaine et le repli chinois combinés produisent la bascule observée par l’agence.

Le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, avait indiqué que le premier rapport annuel de l’agence sur l’investissement énergétique mondial, publié il y a près de dix ans, montrait la Chine « tout juste devant » les États-Unis en la matière. Depuis, Pékin est devenu le premier investisseur énergétique mondial, tous secteurs confondus, avec des dépenses proches de celles combinées de l’Union européenne et des États-Unis.

Ce dépassement américain reste circonscrit au seul segment de l’électricité produite à partir de combustibles fossiles. Sur l’ensemble des investissements énergétiques, la Chine conserve une avance considérable, portée notamment par sa domination dans le solaire, l’éolien et les batteries.

Une trajectoire à confirmer d’ici 2030

L’AIE fonde sa projection sur les tendances actuelles de construction de centrales à gaz et sur l’évolution attendue de la demande électrique liée à l’intelligence artificielle. L’agence doit publier une actualisation de ces données dans son prochain rapport annuel sur l’investissement énergétique mondial, qui permettra de vérifier si cette avance américaine se confirme au-delà de 2026 ou si elle constitue un pic ponctuel lié à la conjoncture gazière mondiale.

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