Cinq mois après la mort de son guide suprême dans une frappe américano-israélienne, l’Iran choisit ses funérailles nationales pour réaffirmer publiquement son axe stratégique avec la Russie. Le général Hossein Maroufi, chef adjoint de la mobilisation du Corps des gardiens de la révolution islamique, a déclaré à l’agence russe TASS, en marge de la cérémonie d’adieu à l’ayatollah Ali Khamenei à Téhéran, que la relation entre les deux pays resterait indéfectible.
Une alliance présentée comme historique
Selon les propos rapportés par le général iranien, « la Russie a été notre partenaire, et elle le restera à jamais, cela ne fait aucun doute« . Maroufi a rappelé les visites réciproques entre les deux chefs d’État, évoquant les déplacements du président russe Vladimir Poutine en Iran ainsi que ceux du président iranien Massoud Pezechkian vers la Russie. Il a également souligné la proximité géographique des deux pays, présentée comme un facteur historique de bon voisinage, et affirmé que le peuple russe partageait le deuil iranien après la disparition de Khamenei.
Ce dernier a été tué le 28 février dans une frappe conjointe américano-israélienne visant sa résidence, un événement qui a marqué le déclenchement du conflit entre les deux camps. Ses funérailles, qui ont débuté le 3 juillet à la grande mosquée Mosalla de Téhéran, doivent se poursuivre plusieurs jours : après un passage par la ville de Qom, le convoi funéraire traversera l’Irak pour rejoindre les lieux saints chiites de Najaf et Karbala, avant l’inhumation prévue jeudi à Mashhad, ville natale du défunt guide.
Une présence russe en demi-teinte
La Russie a dépêché à ces cérémonies l’ancien président Dmitri Medvedev, actuel vice-président du Conseil de sécurité russe, en tant qu’envoyé spécial de Vladimir Poutine. Sa présence contraste toutefois avec l’absence de responsables russes de premier plan lors de la cérémonie officielle du 3 juillet, aux côtés de dirigeants chinois et turcs, selon les informations de l’ONG IranWire. Cette configuration nuance la portée de la déclaration de Maroufi, prononcée alors même que Moscou n’a pas mobilisé son plus haut niveau diplomatique pour l’occasion.
Un canal diplomatique parallèle avec Washington
Le conseiller du président russe pour les affaires internationales, Iouri Ouchakov, avait indiqué que Vladimir Poutine avait évoqué le dossier iranien lors d’un entretien téléphonique avec le président américain Donald Trump. Le dirigeant russe aurait exprimé le souhait que les négociations entre les États-Unis et l’Iran débouchent sur des solutions durables et mutuellement acceptables concernant les questions centrales du dossier. Poutine aurait par ailleurs réitéré la disponibilité de la Russie à participer aux efforts de désescalade en Iran.
Cette double posture, un soutien affiché à Téhéran d’un côté, une médiation revendiquée auprès de Washington de l’autre, montre la position d’équilibriste adoptée par Moscou depuis le début du conflit. La Russie a par ailleurs continué de recevoir des drones iraniens destinés à son offensive en Ukraine pendant toute la durée de la guerre américano-israélienne contre l’Iran.
Les cérémonies funéraires doivent se conclure jeudi avec l’inhumation d’Ali Khamenei à Mashhad, dans un climat de deuil national marqué par la présence, selon les autorités iraniennes, de délégations venues d’une trentaine de pays.

La Russie n’a jamais été une alliée efficace. Dès que ça barde très fort, elle se terre.
On l’a vu avec la Syrie, en Iran et au Mali.
Initialement, l’Iran avait refusé un accord stratégique avec la Russie pour ne pas froisser les USA. Quelques centaines de missiles US plus tard, les Iraniens regrettent de ne pas avoir accepté l’aide de Poutine (qui les a aidé discrètement quand même) ! Nul doute que cet accord sera signé très vite