L'Iran menace les USA d'une réponse décisive en cas d'ingérence à Ormuz malgré l'accord

Quatre mois après le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le détroit d’Ormuz redevient un point de friction majeur entre Téhéran et Washington. Le Quartier général central des forces armées iraniennes a averti, jeudi, que toute ingérence américaine dans le détroit serait accueillie par une réponse « décisive et rapide », selon Al Jazeera. Cet avertissement intervient alors que les négociateurs iraniens et américains viennent de conclure, à Doha, un nouveau round de pourparlers techniques indirects consacrés à l’application du mémorandum d’entente signé le 17 juin dernier.

Un avertissement en pleine phase de négociation

Le communiqué militaire iranien qualifie le détroit de territoire relevant de la souveraineté nationale, rejetant tout droit d’intervention américain sur cette voie maritime. Le Qatar, qui joue le rôle de médiateur dans les discussions, a fait état de « progrès positifs » à l’issue de la session de Doha, sans préciser si le statut du détroit figurait parmi les points débloqués.

Cet avertissement survient dans une séquence tendue amorcée depuis la signature du mémorandum. Ce texte, conclu entre le président Donald Trump et son homologue iranien Masoud Pezeshkian, prévoyait la levée du blocus du détroit et un retour progressif du trafic maritime, qui assurait avant-guerre environ un quart des échanges pétroliers mondiaux. Son article 5 impose un passage sécurisé aux navires commerciaux, une clause que Téhéran et Washington s’accusent mutuellement de violer.

Des incidents répétés autour du contrôle des routes maritimes

Depuis fin juin, le désaccord porte concrètement sur le tracé des routes de navigation. Le Corps des gardiens de la révolution islamique exige que les navires empruntent un corridor nord, sous contrôle iranien, tandis que l’Organisation maritime internationale a validé, avec le soutien d’Oman, un itinéraire alternatif au sud, plus proche des eaux omanaises. Téhéran affirme ne pas avoir été consulté sur ce tracé.

Cette divergence a déjà provoqué plusieurs incidents : les pétroliers Ever Lovely et Kiku ont été touchés fin juin, entraînant des frappes de représailles du Commandement central américain contre des installations militaires iraniennes. Un porte-conteneurs s’est également échoué le 1er juillet dans les eaux peu profondes proches d’Oman, un incident que les gardiens de la révolution attribuent au non-respect de l’itinéraire iranien homologué. Le trafic maritime dans le détroit, qui avoisinait 135 navires par jour avant le conflit, reste très inférieur à son niveau habituel malgré la reprise partielle des passages.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a par ailleurs averti dimanche que tout contournement des routes fixées par Téhéran « augmenterait les tensions » dans la région, appelant les parties à respecter strictement les termes du mémorandum.

Les prochaines discussions entre les délégations iranienne et américaine doivent se poursuivre à Doha, où le statut définitif du détroit d’Ormuz demeure, avec le dossier nucléaire iranien, l’un des principaux points de blocage identifiés par les médiateurs avant la conclusion d’un accord final.

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