Six ans après son exclusion du programme américain F-35, la Turquie retrouve une place centrale dans la diplomatie de Washington. Le président américain Donald Trump a quitté la capitale américaine lundi soir pour rallier le sommet de l’OTAN, qui s’ouvre mardi à Ankara, en affirmant se déplacer avant tout pour son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, qu’il a qualifié d' »ami » et de « leader respecté » devant des journalistes.
« Je pars à cause d’Erdoğan », a déclaré Trump, laissant entendre qu’un renforcement de la coopération militaire entre Washington et Ankara pourrait suivre le sommet.
Un rapprochement qui tranche avec le passé récent
Le compliment présidentiel intervient alors que la Turquie a longtemps compté parmi les alliés les plus difficiles de l’Alliance atlantique. Après la livraison en 2019 du système de défense antiaérien russe S-400, Washington avait exclu Ankara du programme d’avions de chasse F-35 et sanctionné, l’année suivante, son agence d’armement. Ce dossier demeure non résolu à ce jour. Trump sera pourtant le premier président américain à se rendre en Turquie depuis Barack Obama en 2015.
Le sommet se tient les 7 et 8 juillet au complexe présidentiel de Beştepe, sous la présidence du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Le déplacement de Trump doit rester bref : arrivée mardi, retour aux États-Unis prévu mercredi soir, à l’issue d’une conférence de presse.
Une série de rencontres bilatérales au programme
Outre son entretien avec Erdogan, Trump doit rencontrer séparément le président ukrainien Volodymyr Zelensky mercredi après-midi, ainsi que le président syrien Ahmed al-Sharaa, en marge des travaux. La question ukrainienne devrait occuper une large part des discussions, la guerre entrant dans sa cinquième année. Trump a par ailleurs échangé le 4 juillet avec Zelensky et le président russe Vladimir Poutine, affirmant que ce dernier chercherait, selon ses propres termes, à mettre fin au conflit.
La relation personnelle entre les deux dirigeants s’est construite progressivement depuis un an, marquée notamment par une rencontre à la Maison Blanche le 25 septembre 2025, au cours de laquelle avaient été évoqués plusieurs projets bilatéraux, dont un contrat aéronautique et une centrale nucléaire. La Turquie a par ailleurs rejoint le Conseil de la paix mis en place par Washington pour superviser le cessez-le-feu à Gaza.
Des tensions persistantes au sein de l’Alliance
Le sommet s’ouvre également sur fond de pression américaine concernant les dépenses de défense des pays membres, Washington souhaitant faire appliquer l’objectif de 5 % du produit intérieur brut fixé lors du précédent sommet de La Haye. Des arrestations d’opposants et de militants critiques de l’OTAN ont par ailleurs eu lieu à Ankara dimanche, à la veille de l’événement.
L’ambassadeur américain auprès de l’OTAN, Matthew Whitaker, a indiqué que l’objectif de Washington consistait à voir l’Europe assumer davantage la défense conventionnelle du continent. Un haut responsable américain a évoqué, de son côté, des annonces portant sur plusieurs milliards de dollars en marge du sommet.
La conférence de presse de clôture de Trump, prévue mercredi à l’issue des travaux, doit préciser les orientations retenues sur les dossiers ukrainien et syrien, ainsi que d’éventuelles annonces concernant la coopération militaire entre Washington et Ankara.
