Une avance « de géant » sur ses deux grands rivaux : c’est le constat dressé par Donald Trump au sujet de la position américaine dans la course à l’espace, lors d’un discours prononcé pour le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis. Devant une foule rassemblée sur le National Mall, à Washington D.C., tard dans la nuit du samedi 4 juillet 2026, le président américain a affirmé que son pays avait creusé l’écart avec la Russie et la Chine dans la conquête spatiale, s’appuyant sur le succès récent du programme Artemis et sur la montée en puissance de la Space Force.
Artemis II comme preuve de l’avance américaine
Pour étayer son propos, Trump a rappelé que « moins de 66 ans après l’invention de l’avion, les Américains ont planté leur drapeau sur la Lune », avant d’évoquer le retour des astronautes américains sur une trajectoire lunaire trois mois plus tôt. Cette référence renvoie à la mission Artemis II, lancée le 1er avril 2026 depuis le Centre spatial Kennedy en Floride. Pendant dix jours, l’équipage composé de Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen a survolé la face cachée de la Lune à plus de 400 000 kilomètres de la Terre, avant d’amerrir dans l’océan Pacifique. Il s’agissait du premier vol habité au-delà de l’orbite basse depuis Apollo 17 en 1972, une prouesse que ni la Chine ni la Russie n’ont pour l’instant reproduite.
Trump a salué la présence de cet équipage à ses côtés, ainsi que celle de Harrison « Jack » Schmitt, dernier homme ayant marché sur la Lune lors de la mission Apollo 17 en décembre 1972, et de Jared Isaacman, administrateur de la NASA depuis décembre 2025. Le président a remis à l’équipage un drapeau ayant flotté le matin même au-dessus du Capitole, destiné à être planté lors d’un prochain retour sur la Lune, accompagné d’une médaille spéciale de la Maison-Blanche.
Ce que disent les chiffres de la rivalité spatiale
L’affirmation présidentielle trouve un certain appui dans les moyens engagés par chaque puissance. Le budget spatial américain, évalué à environ 60 milliards de dollars annuels dont une dizaine consacrée à Artemis, dépasse celui de la Chine, estimé à 15 milliards de dollars, et celui de la Russie, autour de 5 milliards de dollars. Sur le plan du calendrier, la NASA, après Artemis II, la mission Artemis III doit tester en 2027 le rendez-vous avec l’atterrisseur lunaire, avant qu’Artemis IV ne vise, en 2028, le premier alunissage habité de cette nouvelle phase du programme.
La comparaison est toutefois à nuancer selon les fronts. La Chine a construit en quelques décennies un programme spatial parmi les plus avancés au monde, plaçant son premier taïkonaute en orbite dès 2003, avant d’assembler sa propre station spatiale, Tiangong, et de poser un rover à la surface de Mars en 2021. Pékin ambitionne désormais de faire alunir ses astronautes avant 2030, en s’appuyant sur un modèle étatique piloté par la CNSA, qui lui permet de planifier ses missions sur le long terme avec une continuité que peinent parfois à maintenir les démocraties occidentales. La Russie, de son côté, reste la première puissance à avoir envoyé un homme dans l’espace et continue d’apporter à ce programme commun son expérience historique en matière de vols habités, en s’associant à Pékin autour du projet concurrent International Lunar Research Station. Isaacman a reconnu, lors de son audition de confirmation au Sénat, que la Chine représentait un concurrent doté de la volonté et des moyens de contester l’avance américaine, justifiant à ses yeux l’urgence de maintenir le rythme du programme Artemis.
Mars en ligne de mire, la Space Force en étendard
Au-delà de la Lune, Trump a fixé Mars comme prochain objectif pour « maintenir », selon ses mots, l’avance américaine. Il a également cité la Space Force parmi les réussites de son administration pour distancer la Chine et la Russie dans l’espace, rappelant que cette branche militaire avait d’abord suscité des railleries avant de s’imposer, selon lui, comme un atout stratégique majeur face aux ambitions militaires spatiales affichées par Pékin et Moscou ces dernières années.
La prochaine échéance officielle du programme lunaire américain reste la mission Artemis III, prévue pour 2027, qui doit valider les systèmes de rendez-vous avec l’atterrisseur lunaire avant le retour d’astronautes à la surface de la Lune, attendu avec Artemis IV en 2028.



